Jour 1 415

Le sel de la terre est une parole de l’Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu. Bien entendu, je ne le savais pas. Mes copines non plus. Nous nous sommes vainement demandé, en sortant du film et en marchant sur le boulevard St-Laurent, quel était le sens du titre. J’ai élaboré dans ma tête des interprétations compliquées qui ne m’ont pas convaincue. Le sel est le condiment de base qui améliore la saveur des mets, me suis-je dit. Quel est le condiment par excellence qui  améliore la saveur de la terre, me suis-je alors demandé de manière métaphorique. Il me semble qu’il faut répondre que c’est l’homme. Mais comme le film rend compte pendant plus d’une heure des folies meurtrières inventées par l’homme, j’ai hésité à associer sel et homme. J’ai ensuite pensé à des pluies acides qui menacent les écosystèmes, parce qu’il est beaucoup question des forêts, des arbres et des plantes dans le film de Wenders. De là, j’ai pensé au cours de chimie qu’Emma a suivi l’été dernier au cours duquel elle a fait des expériences avec différentes concentrations de sel. Et j’en étais au sel qui fait fondre la glace, en hiver, quand je me suis rendu compte que mes pensées me faisaient trop voyager. L’idée de la parole de l’Évangile est la suivante, dans ma compréhension des choses : si l’homme corrompt sa propre nature humaine, il se dénature. De la même manière, si le sel perd ses propriétés naturelles, comment pourra-t-il redevenir du sel ? Il ne le pourra pas et sera bon pour la poubelle. Il ne faut pas sauter trop vite aux conclusions : il n’est pas dit, dans le passage de l’Évangile, que l’homme, dans le même contexte, est bon pour la poubelle. Il n’empêche que j’ai aimé apprendre sur Wikipédia que Wim Wenders s’est mérité des prix en raison du haut niveau de spiritualité qui émane de ses films. Dans la même veine, j’ai aimé que ma copine Thrissa me dise, il n’y a pas si longtemps, qu’elle allait prier, par rapport à un événement pour lequel plus personne n’avait de prise. Je me rends compte que j’aime l’instabilité, le mystère, l’incertitude quant aux résultats escomptés dans lesquels nous plonge le phénomène de la foi.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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4 Responses to Jour 1 415

  1. Avatar de Daniel Bergeron Daniel Bergeron dit :

    Si le sel (un élément de la terre, du quotidien, du relatif) était perdu, c’est-à-dire ses propriétés complètement disparues, nous ne pourrions plus jouir de ses qualités. Il en est de même de la conscience (l’élément divin, l’absolu) car il faut que ceux qui savent, qui connaissent la vraie valeur de la conscience de l’absolu, le fasse savoir. Si non, comme le sel qui vient à s’affadir ou à disparaître, la conscience de l’homme serait perdue… 😉

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