Jour 1 469

Je m’assume telle que je suis. Un être hypersensible. Je ne porte pas en moi l’énergie d’Andrew qui dit Fuck you au prof avec délectation en tapochant sur sa batterie avec une énergie démentielle.
Le film qui sera présenté la semaine prochaine est Citizenfour. On en a vu des extraits avant Whiplash. Je me suis penchée vers l’épaule de mon voisin, un collègue très gentil qui a eu la bonne idée de venir s’asseoir avec moi, pour lui dire que l’acteur qui interprétait le rôle d’Edward Snowden me semblait très bon, en pleine possession de ses moyens, capable de rendre son personnage crédible. Cocotte ! C’est Edward Snowden lui-même qui apparaît dans le documentaire ! Encore une fois, on voit là toute ma culture cinématographique. Le collègue a dû ne pas comprendre ce que je lui ai dit à l’oreille car il ne m’a pas corrigée.
Faire des choix. J’ai installé Yuri Yourmanov en pleine nature en plein soleil, il y a maintenant un bon moment. Marchant péniblement dans la terre séchée avec ses belles chaussures, il avançait droit devant en se demandant quand est-ce qu’il rencontrerait une route, et s’il en rencontrait une, tournerait-il à gauche, ou à droite. La première chose qu’on a sue, au bout de quelques textes, c’est qu’un conducteur de pick-up l’avait embarqué et lui avait offert de la bière fraîche au premier commerce qui en vendait. Au final, Yuri n’a rien fait d’autre que de se laisser porter, au sens propre dans le pick-up, comme au sens figuré, en espérant qu’une forme d’aide se présente et, de fait, il s’en est présenté une.
Je ne suis pas portée à faire des choix. Du temps que François vivait et qu’il était assez en forme pour qu’on aille manger dans les restaurants, je demandais souvent aux serveurs de décider pour moi, de m’apporter la spécialité de l’endroit.
– Nous avons plusieurs spécialités, me répondaient les serveurs rébarbatifs.
À mon âge, cela étant, peu importe le choix, mes yeux auront tôt fait de le couvrir de nuances. Et les nuances du choix droit risquent fort de se répandre jusqu’à rencontrer les nuances du choix gauche.
Alors, en fin de compte, pourquoi ai-je peur ?

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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