Jour 1 506

Je n'ai pas fini de faillir.

Je n’ai pas fini de faillir.

Je me fixe un énorme défi : ne plus répondre Oui mais. Répondre Oui, tout court, c’est mieux. Non quand c’est non. Oui quand c’est oui. Est-ce un défi réaliste et réalisable ? Je ne le sais pas. C’est un défi qui consiste à accueillir les faits, les événements, les attitudes des proches et des moins proches, les paroles des mêmes proches et moins proches sans être sur le frein. Accueillir sans intervenir. Je n’ai pas fini de faillir. Si je vis admettons encore 25 ans, jusqu’à 80 ans, sans trop souffrir de sénilité et de démence, je vais avoir l’occasion, très certainement, de me pratiquer. Je vais d’ailleurs trouver qu’un petit 25 ans de pratique en ce domaine n’est pas assez long. Et je trouve en ce moment, à bien y penser, que j’aurais dû me fixer ce défi bien avant. Mes beaux-fils m’aimeraient peut-être davantage. Lorsque j’ai annoncé –était-ce à la fin de 2010 ?– que je voulais écrire un texte par jour, pour agrémenter mon retour au travail après m’être interrompue un an pour accompagner François, dans la maladie et dans la mort, quelqu’un m’avait écrit, quelqu’un d’assez loin de moi qui ne me voulait peut-être pas forcément du bien, quelqu’un donc m’avait écrit qu’à l’impossible nul n’est tenu. Quand même. C’était peut-être une remarque émise pour me protéger de la déception de ne pas y arriver. Le commentaire d’un ami qui me veut du bien et qui m’encourage à ne pas me mettre de la pression, des fois que la pression me rendrait malade. Je ne sais pas. Je sais en revanche que je suis rendue sur mon compteur à un décompte de 6,4 années. Autrement dit, à ce jour, j’ai écrit, sans sauter une journée me semble-t-il, pour une valeur de 3,6 années. Not so bad. Cependant, c’est hyper facile, écrire, je suis seule avec moi-même, sans aucune contrariété, sauf celle de me trouver poche. En prime, j’ai écrit des textes qui n’étaient pas bien écrits, pas très intéressants, donc j’avais une certaine latitude quant à la qualité du produit livré. Ne pas répondre, comme cela se présente presque automatiquement à mon esprit, par rapport à ceci ou à cela, Oui mais, sera drôlement plus exigeant. Mon défi se vivra en temps réel, en mode interaction avec autrui. Avec Denauzier, en premier lieu.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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