J’offre cette photo à maman, comme ça, elle ne sera pas seule au paradis, à son arrivée. Quelqu’un sera déjà assis sur une des deux chaises, la plus foncée, et l’attendra pour l’accueillir quand elle franchira le seuil de sa nouvelle maison. J’ai cherché sans succès une photo que j’ai prise d’elle il y a quelque deux ans, et cherchant cette photo je suis tombée sur celle-ci de Paris. Paris m’inspire la vie, l’aventure, le plaisir, la joie, la beauté. J’espère que dans sa nouvelle vie au ciel, maman pourra découvrir toutes ces choses qu’elle n’a guère explorées de son vivant sur terre. Elle était à l’hôpital récemment, elle en est sortie de peine et de misère parce qu’elle n’avait pas de force, elle y est retournée le surlendemain et n’en est pas ressortie. Elle est décédée hier soir mercredi le 21 mai autour de 22h20 m’a dit Bibi ce matin au téléphone. J’aurai eu l’occasion de lui dire, une fois dans ma vie et dans la sienne, que je l’aime. Elle aura touché une dernière fois le volant de la robe que je portais samedi dernier quand je l’ai visitée. Elle nous aura complimentées, Bibi et moi, en nous disant que les hommes qui passaient dans le corridor de l’hôpital se tournaient pour nous regarder. On ne voyait rien du corridor, ma sœur et moi, nous y faisions dos pour parler avec maman. Elle mâchait de la gomme pour apaiser sa soif. Elle n’avait pas le droit de boire, elle qui a toujours soif. Ce sera probablement la première chose qui l’intéressera, quand elle s’installera à la table de la terrasse Paris Paradis, commander un panaché, un thé, une eau Perrier. Je lui souhaite de profiter de chaque instant de sa vie éternelle, de se laisser porter par la légèreté. De vivre, autrement dit, l’exact contraire de ce que fut son parcours sur terre. Je t’aime maman.
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Badouziennes
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Qui est Badouz ?
Une autrice illustrement inconnue !
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Il y a des années plus dures que d’autres. Je te souhaite une éclaircie.
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Elle n’a pas souffert, c’est déjà un grand soulagement. J’ai hâte de te voir.
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Jour 1599… jour qui se retiendra tout seul…
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Voilà l’un de tes plus beaux textes, empreint de ta grande sensibilité…
Mes pensées vous accompagnent, Bibi, Lynda et Emma, tes frères, ton père … xx
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