J’ai passé la journée d’hier, bien qu’au travail, en compagnie de la chanteuse Snatam Kaur. Et de Thrissa, dans mes pensées, car c’est elle qui m’a fait connaître Snatam. J’ai quitté le bureau à regret à 18 heures, c’est vous dire à quel point j’étais hypnotisée par le nirvana de cette voix. C’est très rare que je fais cela, écouter de la musique en travaillant, mais comme je dois modifier le code <html> de quelque trois cents pages de programmes, et qu’il n’y a pas moyen de faire ça de façon automatisée, je me suis permis d’agrémenter ma tâche répétitive avec la voix merveilleuse de Snatam. Elle est groupie d’un gourou et chante l’amour qu’elle ressent pour lui. Il se dégage de son chant une pureté de clochettes qui tintent dans l’air pur, tintements dont les vibrations se répandent dans la nature en des sillons ondoyants et vaporeux, dans un entrelacement de couleurs plus tendres les unes que les autres. J’attrape quelques bribes au passage, parlant de tinter, bien qu’il s’agisse ici de teinture : I am dyied with the nectar of your eyes… C’est excessivement beau.
Fidèle à mon tempérament glouton, j’ai écouté la même plage musicale sur YouTube, je l’ai fait rejouer peut-être sept fois puisque la plage dure une heure et qu’une journée de travail dure sept heures, en gros. J’ai reproduit le scénario qui est le mien lorsque je conduis, seule, dans ma Sonique. Je me dis, dans ma Sonique –je l’ai déjà écrit– que je remets pour la dernière fois la chanson du CD que je suis en train d’écouter, mais je la remets encore quarante fois.
Pour Snatam, je n’étais pas capable d’aller vers une autre plage, pourtant il y a des liens en masse sur YouTube qui mènent à sa musique. J’ai procédé de telle manière qu’arrivée à la fin de l’heure musicale snatamienne, je faisais reculer le curseur de l’application pour revenir au début de l’heure. Sauf qu’absorbée par mon code <html>, j’imagine, à un moment donné, la plage s’est terminée. J’ai dû attendre quelques secondes avant que la plage recommence, mais j’avais oublié que la musique est précédée d’une pub conçue pour les sourds. Une pub conçue pour les sourds est on ne peut plus contraire au mindfulness exquis dont j’étais entièrement imprégnée. De surprise totale, recevant un choc brutal, j’ai tellement crié que Ludwika en a échappé sa tasse de café.
-
Badouziennes
Textes antérieurs
Qui est Badouz ?
Une autrice illustrement inconnue !
Catégories
Le web est un espace dangereux. Il n’est pas humain.
J’aimeJ’aime