Les collègues m’ont trouvée un peu pâlotte. J’aurais mieux fait de ne pas me maquiller, mais comme c’était ma première journée travaillée après plus de trois mois d’interruption, j’ai pris la chose au sérieux. Je me suis appliqué ce matin du fond de teint, mélangé à ma crème de jour, et je me suis fait la réflexion que cela me rendait pas mal blême. Quand est venu le temps d’ajouter un peu de fard à joues au moyen de mon gros pinceau pour me donner de la couleur, je me suis rendu compte qu’Emmanuelle était partie avec le gros pinceau et avec le fard à joues. Les collègues m’ont donc trouvée pâlotte mais, quand même, pas mal en forme. Rien n’a vraiment changé de mon état, dans le fond, sinon que mon cœur ne se fatigue plus à pomper comme un fou et qu’au repos, dans un endroit calme, j’entends le tic-tac régulier de ma valve. Je l’entends en ce moment, écrivant ces lignes dans le calme de mon petit bureau à la maison. Rien n’a vraiment changé non plus au bureau.
Je n’avais pas envie de retourner au travail, mais je sentais que c’était le temps que je retourne au travail. Je ne peux pas passer le reste de ma vie à faire mes courses au Provigo aux mêmes heures que les retraités ou les personnes âgées !
De toute façon, d’une manière ou d’une autre, c’est merveilleux. C’est merveilleux car je ne travaille pas demain, bénéficiant d’un horaire allégé pour les quatre prochaines semaines, je retourne travailler seulement vendredi. Et c’est merveilleux d’aller travailler car j’apprécie alors au maximum chaque journée de congé.
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Badouziennes
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Qui est Badouz ?
Une autrice illustrement inconnue !
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Ton écriture n’a pas pâli. Elle sent le bon sang qui circule avec enthousiasme à travers les méandres et les deltas de ton corps. :O) Heureux de te retrouver!
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Mon cher ami, c’est plutôt à moi d’être heureuse de te savoir présent.
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