RVM – 14

Coudon, est-ce que «ranqueur» serait la nouvelle manière d’écrire «rancœur» selon la réforme de l’orthographe il y a plus de vingt ans ? Je serais en retard dans les nouvelles. Je suis tombée sur le mot dans La Presse, au dossier du Lac-Mégantic, en sous-titre d’un article, de style : Ranqueur dans la population. Je ne trouve rien qui me permet de savoir à quoi m’en tenir dans Google, mais je trouve Occurrence non trouvée dans le Grand dictionnaire terminologique de l’OLF. À part «ranqueur», je n’ai guère ajouté de nouveaux éléments à ma collection naissante d’articles de La Presse. Pour rappel de mémoire, ma collection compte deux textes : un sur Andy Murray qui est décrit comme étant un être ultrasensible, alors que je le prenais pour une machine. Je reçois comme une excellente nouvelle qu’on puisse être ultrasensible et construire malgré tout son chemin sans se faire aplatir comme une crêpe. Le deuxième article de ma collection porte sur les policiers de Bangkok qui devront se soumettre à un programme de prévention gouvernemental parce qu’ils sont trop gros. Excellente nouvelle également pour une convalescente de chirurgie cardiaque. Depuis ma sortie de l’hôpital, j’ai tendance à trouver les gens trop gros et beaucoup d’entre eux me semblent avoir le teint gris, surtout les hommes. J’ai surligné dans un autre article du dossier Mégantic les paroles du mari de la mairesse, juste pour le fun : il dit que c’est lui qui mène à la maison parce que sa femme n’est jamais là. Et j’ai conservé pour le relire un article d’un philosophe théologien qui a l’air assez jeune. L’auteur réfléchit sur le sens du drame, épreuve ou pas épreuve, Dieu ou pas Dieu. Il s’interroge sur la multitude de voies individuelles que nous traçons tous avec nos egos imperméables les uns aux autres. Il semble se demander comment ça se fait que ces voies individuelles ne se coordonnent pas à un moment donné pour s’élargir en un boulevard fluide qui pourrait peut-être nous mener quelque part ?
En attendant, je soumets ma chouchou à toutes sortes d’épreuves. Déjà qu’elle m’a vue à moitié morte à l’hôpital et qu’elle a failli perdre connaissance sous le choc, voilà qu’elle m’accompagne à la clinique des anticoagulants et qu’elle me relève quand je pleure parce que je dois continuer de me piquer le ventre. Ça fait de plus en plus mal d’ailleurs, et ce matin à l’endroit de la piqûre il s’est formé une bosse grosse comme une moitié de balle de golf. Mais quand même hier il s’est produit quelque chose d’un peu amusant. Nous sommes trois, debout, attendant notre tour de passer dans le parloir où le médecin va nous donner notre dosage de la semaine. Nous sommes Emma, qui a, à sa droite, un cas de valve aortique en la personne d’un grand monsieur costaud opéré il y a neuf ans et qui semble aller très bien. Elle a, à sa droite, maman, plutôt tassée et maigrichonne dans ses vêtements d’été. Nous parlons. L’homme me donne des conseils sur la manière de me piquer. Soudain, Emma nous interrompt. Son visage exprime un inconfort qui la déstabilise, habituée qu’elle est à respecter les temps, le rythme et la battue.
– J’entends vos valves !, s’exclame-t-elle, et elles ne battent pas à la même vitesse !

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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2 Responses to RVM – 14

  1. Avatar de Renée Tremblay Renée Tremblay dit :

    Tiens, j’ai lu ces articles aussi. Si tu es une nouvelle abonnée de La Presse, tu vas remarquer que les fautes d’hortograffe ne sont pas rares.

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  2. Avatar de Badouz Badouz dit :

    Renée, j’ai voulu t’écrire plus tôt aujourd’hui et finalement je suis restée étendue et j’ai dormi. J’ai utilisé un de tes savons : satisfaction intense, mousse abondante, douceur pour la peau et parfum inexistant. Excellent achat, excellent cadeau ! XXXX

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