Jour 1 812

Seigneur, je n’en reviens pas ! J’appartiens à la famille très noble des humanistes et je ne le savais pas ! Je mange à la même table que Bill Clinton  et que Barack Obama ! J’ai peut-être même un lien de parenté avec Spinoza ? Je peux bien m’être inspirée de la phénoménologie d’Edmund Husserl au moment d’écrire ma thèse de doctorat. Je peux bien passer mon temps, placide, à tracer des lignes fines sur des toiles bariolées, en écoutant Emma pratiquer ses gammes et ses études. Je commence, à 54 ans dans cinq semaines, à être capable de faire des liens entre les différentes activités de ma propre vie.
L’illumination m’est arrivée à la lecture d’un article du journal Le Monde, commentant le décès, hier 27 février 2013, à 95 ans, de l’utopiste maître rêveur grand penseur Stéphane Hessel. L’article cite le poète Antonio Machado, que j’avoue ne connaître ni d’Ève ni d’Adam, mais cela n’enlève rien à mes grandes qualités. Toi qui marches, écrit le poète, il n’y a pas de chemin. Le chemin se fait en marchant. J’ai écrit la même idée en d’autres mots je ne sais combien de fois ! Moins élégamment, il est vrai, mais quand on est humaniste, ce n’est pas tant le contenant qui compte, que le contenu. Ainsi, jour 1 818 j’ai écrit : Ma voie est sous mes pas et je marche dessus, no sweat. Deux styles, une seule vérité.
Je commence à comprendre pourquoi la journée d’hier a été si belle, si riche, si harmonieuse. C’est parce qu’hier j’étais à la veille d’entrer aujourd’hui dans le monde véritable pour lequel j’ai été conçue. Les événements se sont donnés le mot pour rendre douces et accueillantes les prémices de ma nouvelle vie en Lyncha humaniste. D’abord, chatonne a arrêté de bouder. Elle a dormi avec nous dans la nuit, Clovis et moi. Puis, Clovis, habillé en peintre avec son bonnet noir enfoncé sur la tête, a passé une partie de la journée avec moi. Ensuite, c’était la première fois, depuis je dirais le retour des vacances de Noël, que j’écrivais sur mon blogue en donnant au texte le temps qu’il faut pour se construire lui-même. Cela m’a fait le plus grand bien. Enfin, le soir, j’ai voulu reproduire une fleur simple sans trop de feuilles, sur la toile qui n’attendait que ça dans la salle à manger, comme me l’a suggéré Clovis. Or, j’ai obtenu un personnage casqué comme s’il partait en guerre, mais le casque est joyeux et fleuri, et le personnage porte au cou une chaîne et une breloque en forme de cœur. Je n’ai pas eu à tracer le profil de mon personnage, il s’était créé de lui-même quand j’ai fait glisser sur la toile les coulisses d’une pâte acrylique très délayée, à la manière de Serge Lemoyne.
Lynda humaniste traçant sa voie pas à pas. Je n’en reviens pas de m’être rendue là en ne faisant rien d’autre que de laisser les lettres se taper sur le clavier sous mes doigts.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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