Jour 1 895

C’est plate, les lecteurs ne sont pas friands de mes inventions autour de Yasmine. Les statistiques de mon site se lisent à la baisse depuis qu’il est question d’elle. C’est comme pour un pèse-personne. Il me semble préférable de ne pas en avoir plutôt que de se peser en s’inquiétant à chaque fois du poids qui va s’afficher, qui n’est jamais assez bas, même quand il est bas. Et bien il serait préférable que l’interface avec laquelle je gère mon blogue ne me fournisse pas de statistiques qui altèrent veux veux pas mes élans exploratoires et ma liberté de penser. J’ai beau me dire que je ne cliquerai pas sur l’onglet, je clique toujours dessus, c’est même la première chose que je fais quand je m’apprête à écrire un nouveau texte, je vais d’abord consulter mes statistiques d’accès, c’est plus fort que moi. Une lectrice m’a exprimé carrément que Yasmine ne l’intéressait pas. Et ma tante aussi, qui trouve que c’est moins l’fun quand mes histoires sont inventées. D’après moi, c’est l’instinct guerrier qui les fait réagir ainsi, non pas leur instinct guerrier à elles, mais celui que nous portons tous en nous. On aimera naturellement une histoire qui saigne, qui installe une tension jusqu’à nous broyer le coeur –Clovis viendra-t-il, dans sa Subaru marine, m’enlacer et m’insuffler la vie. De ces histoires-là, on en redemandera, on y reviendra, on y revient en somme depuis la nuit des temps. En revanche, les évanescences d’une femme excentrique qui essaie de se mettre elle-même en situation dans une maison qu’elle ne connaît pas tant que ça, à savoir la mienne à la campagne, ne se gagneront que peu d’adeptes. Encore une fois, je me retrouve en porte-à-faux. Je me retrouve en porte-à-faux parce que je salue l’audace de m’être située, étudiante de chair et d’os en arts visuels à l’époque à l’UQÀM, au coeur d’une action qui se déroule au nouveau quartier des arts avec deux personnages de chair, d’os, d’eau et de sang également, mais appartenant néanmoins à un autre univers. La première, Zoé, provient d’une catégorie, Les femmes de l’alphabet, où, seule, elle s’ennuyait ferme. L’autre, la longiligne dont on ne sait pas encore si elle est fine ou pas fine, émerge à peine d’une laborieuse définition d’elle-même. Je suis doublement en porte-à-faux que Yasmine m’émeut. Elle se cherche, elle se cache derrière sa cape. Elle souffre de ses traits ingrats dont certains ont déjà dit qu’ils étaient à couper au couteau. Avec elle, il n’y en a pas de facile. Elle se pose constamment des questions, elle hésite tellement qu’elle en vacille. C’est pour ça qu’elle porte des talons très hauts, c’est pour avoir un prétexte à donner aux gens qui s’inquiètent de la voir si instable. Je n’ai pas hâte de découvrir ce qui va se passer quand elle se situera à un carrefour important de sa vie, quand elle devra tourner, tourner bel et bien et ne pas se contenter de balancer constamment, soit à gauche pour se rendre chez Zoé, soit à droite pour aller chez Robin.
Robin ?

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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2 Responses to Jour 1 895

  1. Tu vas me dire que je suis bête, mais je n’avais pas encore réalisé qu’avec Yasmine tu étais en train de poursuivre ton alphabet à reculons de personnages fictifs ou semi-fictifs …. j’avais complètement oublié ce contexte, me pensant toujours dans le quotidien bien réel. J’imaginais que tu nous parlais de ton dernier mois de vacances, et de visites bien réelles. Suis-je bête ou bienheureux? Je préfère croire au second et attendre la suite. La pause vacance a été trop longue.

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