Jour 1 941

Nature morte à la Anton Kuerti

Nature morte à la Anton Kuerti – car on peut rencontrer Anton Kuerti à la Baie Georgienne, il se promène d’ailleurs avec un appareil photo.

C’est l’anniversaire de Ludwika aujourd’hui. Une jeunesse, elle n’a pas encore quarante ans. Demain, c’est l’anniversaire de Thrissa. Les deux femmes se ressemblent, grandes, minces, belles, faciès étroit toutes les deux, pointilleuse en français, picky en anglais. Ce midi nous soulignons l’événement côté francophone en groupuscule de collègues. Côté anglophone pour mon amie ontarienne, j’ai expédié un carré tricoté de ma série, série dont je n’ai pas encore vraiment parlé qui voudra habiller le mur vert too much du salon à la campagne. Le surlendemain, soit jeudi, je dois conduire Emma à l’aéroport, elle part en Grèce pour un festival musical. Hier après le travail, nous avons acheté les derniers éléments nécessaires au voyage. Puis vendredi ce sera l’anniversaire de François, il aurait eu 65 ans. Samedi c’est la fête nationale des Français, alors j’invite quelques membres de la famille à souper, nous allons manger français et les convives doivent s’habiller en bleu, blanc, rouge. Je sais déjà ce que je vais porter. Dimanche, nous aurons atteint la première moitié de juillet, gone this half july, déjà. Ai-je écrit, récemment, à quel point le défilement du temps est étourdissant ? Le 16, nous sommes reçues en Médecine dentaire pour l’événement Beignes et mousseux, une autre de mes initiatives. Le 17 j’ai rendez-vous chez l’esthéticienne. Le 18 je rêve de ceci : je suis à la maison le soir et je peaufine mes textes Badouz. Je me paie en outre le luxe ultime, par moments, de rêvasser en regardant par la fenêtre ce qui se passe dehors, sur la rue, puis je reviens à mon ordinateur en tournant lentement la tête vers mon écran. Oscarine, à ce sujet, me dit que c’est un peu normal qu’un éditeur ne s’intéresse pas tant que ça à mes textes puisque je n’ai pas tellement le temps de les travailler, ils sont souvent écrits d’un seul jet, ou presque. Moi, je pense qu’un éditeur est capable de détecter si un texte est écrit ou pas d’un seul jet, et lisant ce que ça donne, mon seul jet, il peut se représenter ce que ça donnerait si le jet était peaufiné le moindrement. Et à ce moment-là, il sauterait sur le téléphone pour me contacter. Mais je laisse de côté l’éditeur, ça faisait justement un petit bout de temps que je n’y pensais pas. Honnêtement, hier j’étais couchée et je pensais à ça, il m’arrive de me relire et de me trouver incommensurablement talentueuse. Je sais, ça ne s’écrit pas, cette extase de soi, mais je l’écris pareil, je suis habituée de me faire critiquer de toute façon, une tare de plus, la prétention, ou une tare de moins, je m’en fiche pas mal. Je rêve aussi de ceci, que je ferai un jour, ayant à la main un gros livre épais : relire mes textes que j’aurai fait imprimer à compte d’auteure, obtenant par le fait même le gros livre épais, en respirant tranquillement.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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3 Responses to Jour 1 941

  1. Bonjour Lynda,
    Ce message est intitulé (ou classé) 2012/07/10/jour-1-951-2/ alors qu’il s’agit bien du jour 1941…
    Tu veux nous faire revivre le mois de juillet du début?

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