Je pense à mon éditeur. Il m’a déjà dit, dans un passé lointain, que si je n’aimais pas les livres qu’il publiait, je pouvais les jeter à la poubelle. J’étais à son bureau, j’avais grapillé ici et là les derniers livres publiés et, des fois que je ne les aimerais pas, et sur un ton tout à fait cordial, il m’invitait à les jeter comme on invite quelqu’un à manger.
Ce matin, une lectrice des productions Badouz m’appelle pour me dire ce qu’elle pense de mes écritures. C’est une amie d’une amie de ma sœur, une personne que je connais finalement de loin et assez peu, et je me demande même comment elle a fait pour trouver mes coordonnées téléphoniques. Cette amie d’une amie a perdu son frère, cancer, récemment, et elle voulait me parler de mes derniers textes dans lesquels il est question de cette drôle de bête rapace aux pattes de crabe. Or, à l’autre bout du fil, l’amie ne dit rien. Elle se nomme, je la replace, elle ne dit rien, puis en disant Comment dire … elle finit par conclure, avec un rire un peu nerveux, qu’elle est bouche bée. Je devine que mes textes, qu’une partie de mes textes ont touché en elle une corde sensible, mais je pense aussi qu’ils peuvent l’avoir heurtée, pour une raison ou pour une autre, alors en me référant à mon éditeur je lui dis :
– Vous pouvez jeter le lien à la poubelle, vous savez, et oublier l’adresse de mon blogue à tout jamais.
– J’ai mis l’adresse de votre blogue dans mes favoris, me dit-elle.
J’ai eu l’impression que j’allais brailler, alors j’ai fait dévier ce non début de conversation vers des détails techniques reliés à la plateforme WordPress. Nous nous sommes elle et moi retrouvées, une fois de plus en ce qui me concerne, en pleine fonction phatique, comme avec Arthur, la fois que nous avons parlé des couleurs vives de son vêtement hawaïen à la cafeteria de l’HGJ.
Hier soir aussi, quand je suis arrivée chez lui, j’étais avec Clovis en pleine fonction phatique. Le trouvant si beau avec ses cheveux fraîchement coupés, je lui parlais du régulateur de vitesse de ma SuperSonique avec ma bouche, mais mes yeux lui exprimaient à quel point j’étais émue de le retrouver.
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Badouziennes
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Je voulais juste vérifier si tu me lisais !
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Tu sais bien que je te lis.
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