Voyez le décalage. Dans 17 textes, je serai rendue à une 2e tranche de 100 textes. J’ai eu le temps d’accumuler 83 textes pendant que je préparais les 100 premiers pour l’éditeur. Du coup, j’ai ajouté aux 100 premiers ceux qui s’accumulaient, au fur et à mesure. Il faut dire qu’ils étaient moins mal écrits, donc je n’ai pas eu à les retravailler tant que ça. Ou alors, je ne me suis pas rendu compte qu’ils étaient mal écrits et je n’aurais pas dû les ajouter ! Au secours !
Je sais quelle photo j’utiliserais s’il était déjà question de penser à la couverture : celle de chouchou sous la neige, elle a son foulard sur les yeux, un sourire éclatant, le visage tendu vers le ciel, son oncle Swiff Smith à ses côtés en souvenir d’un rare moment avec lui. Je fais aussi partie de la photo mais je m’en retrancherais pour laisser toute la place à l’éclat de la jeunesse d’une part, et à une autre forme d’éclat d’autre part, celle des yeux turquoise de mon frère.
Pourquoi l’éditeur ? Pourquoi me soumettre encore une fois à un exercice de non-sélection ? J’en arrive à croire que j’ai besoin de me sentir non sélectionnée. C’est comme pour les entrevues et les postes mieux rémunérés : quand je vois autour de moi ce que ça exige, être sur un poste mieux rémunéré, je préfère 100 fois –la centaine pourrait être le thème d’aujourd’hui– être là où je suis car en demeurant –à vie– là où je suis, je me sens nettement plus libre mentalement.
Emmanuelle est partie à l’école ce matin dans le maintien de son nouveau style : jeans à jambes larges achetés par maman, enroulées autour du mollet avant d’être recouvertes par les chaussettes –une kaki, une noire, les chaussettes de François. Travail d’équipe, famille unique entre les morts et les vivants.

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