J’ai travaillé hier soir sur mon fichier à remettre à l’éditeur. Il contient les textes de 177 jours, couvrant 224 pages à interligne et demi. Certaines pages n’ont qu’un seul paragraphe continu, mais d’autres pages, il est vrai, sont aérées quand elles reproduisent des dialogues. C’est comme pour les entrevues : je suis débarrassée de ce poids et maintenant qu’est atteint le but fixé –soumettre à l’éditeur–, je me fiche du résultat. Je me suis demandé ce matin sous la douche pourquoi je voulais tant soumettre un manuscrit à l’éditeur. Je vais essayer de trouver une réponse satisfaisante quand je serai moins fatiguée. Je relis mon fichier ce midi sur mon heure de récréation et je trouve que c’est sans intérêt au début, la première centaine de pages, la moitié du manuscrit en fin de compte. Si l’éditeur en tant que premier lecteur du projet dans son ensemble passe à travers, c’est qu’il se sera drôlement accroché.
Je vais me présenter ce soir au cours de tricot sans avoir réussi à travailler sur le petit carré bien compliqué. Une amie me dit qu’elle ne croit pas au manque de temps. J’ai écrit récemment qu’on trouve tout le temps le temps d’avoir le temps. Mais aujourd’hui je me demande comment j’aurais bien pu faire, cette semaine, enrhumée par-dessus le marché, pour travailler sur le petit carré.