Jour 2027

Wow, Oscarine était vraiment belle. Nous nous sommes vues au cours de tricot, nous avons appris à faire des torsades. C’est hyper facile, plus facile, je trouve, que le point de blé. Une femme du cours ayant apporté des morceaux de fudge et de caramel maison, nous avons fait des torsades en nous régalant. Oscarine s’était mise sur son trente-six en raison d’une réunion qu’elle avait eue dans la journée qui, dans le langage de l’université, s’appelle une sous-commission. Ce n’est pas le genre de réunion brasse-camarade où on essaie, comme on le fait avec la révolution des systèmes informationnels, de trouver des solutions à force de remue-méninge, d’essais et d’erreurs, en s’exclamant qu’on a une idée, tout à coup, et qu’on pourrait peut-être l’essayer. Oscarine participe plutôt à des réunions politiques où chacun fait valoir, au nom de son service ou de sa faculté, qu’il serait plus approprié de procéder de telle façon. Ils sont une vingtaine autour de la grande table, polis, bien éduqués.

À propos de ma tribale, puisqu’il est question ci-dessus de vêtements, et pour clore le sujet car la St-Valentin est maintenant chose du passé, une jeune collègue de mon service, remarquant ma jupe le jour que je l’ai portée, m’a dit qu’elle était vraiment belle et qu’avec la ceinture (dont l’utilisation était primordiale) c’était encore plus beau. C’est une collègue jeune, et je suis vieille, alors je la tutoyais et elle me vouvoyait. Elle m’a dit :
– Vous êtes bien habillée.
Je l’ai remerciée en m’exclamant qu’elle était gentille, c’est comme ça que je suis faite, je m’extasie, je me pâme, je suis à peu près toujours enchantée de tout.

J’ai dit à Oscarine :
– Tu es belle et bien habillée et ton collier est magnifique.
Modeste, elle m’a dit merci en continuant de compter les mailles de son tricot car le cours était déjà commencé. J’espère que je ne l’ai pas trop énervée car, sous l’effet de l’enthousiasme en raison des torsades bien maîtrisées, j’étais volubile et légère, il me semblait que j’avais mille choses à lui raconter, alors elle a été obligée de me dire :
– Lynda c’est déjà assez difficile –elle n’a pas réagi aux torsades de la même manière que moi–, pourrais-tu me raconter ça une autre fois ?

Comme le local où se donne le cours de tricot est à deux portes de mon bureau plein des cactus de Ludwika, nous y sommes allées après le cours pour que j’y récupère mes affaires et y mette mon manteau. J’en ai profité pour offrir à Oscarine le bonnet rouge et l’étroit foulard duveteux, mais elle a décliné mon offre.

Il me semble que dans la vie je n’ai aucun problème réel, important, tout va bien. J’ai parlé à Oscarine des problèmes que vit Clovis, il s’agit de son fils qui souffre d’une maladie grave. Mon amie m’a dit :
– Si ça devait m’arriver, je me tuerais.

Clovis a dit qu’il aimerait avoir la maladie pour en libérer son fils. Je dis que, si Emma devait souffrir, je ne me tuerais pas –du moins j’espère–, et je ne voudrais peut-être pas avoir la maladie. En fait, je suis incapable d’imaginer comment je me sentirais et comment je réagirais, tellement il est hors de question à mon esprit que ma fille ne soit pas à même de profiter de la vie à 100%.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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2 Responses to Jour 2027

  1. Avatar de coco coco dit :

    Wow ! Ta copine Oscarine devait être drôlement bien habillée ! Elle est à cinq points au-dessus de la norme !!! 😀

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