Jour 2054

Je publie sur Facebook une photo récente de Swiff Smith, Emma et moi sur le lac Vert alors qu’il neige. C’est bien pour dire à quel point Swiff a du succès : Oscarine, qui ne l’a jamais vu, a souligné sa beauté hier midi quand nous nous sommes vues, elle a remarqué ses yeux magnifiques. Je suis jalouse, on est censés se ressembler, lui et moi, mais en comparaison de ses yeux turquoise il me semble n’avoir que des petites billes d’un vert fadasse. Comme il habite aux États-Unis, je dois reconnaître qu’il ne me porte pas souvent ombrage. J’adore la photo à cause du merveilleux sourire de chouchou, tendu vers le ciel. Je ne peux rien lui souhaiter de mieux que de ne jamais cesser de se tendre pour aller toujours plus loin.

À six heures ce matin jeudi, Emmanuelle vient chercher des papiers qu’elle m’a demandé d’imprimer au bureau et que je n’ai pas rapportés à la maison puisque je sortais hier soir avec Yvon et qu’avoir traîné un porte-document toute la soirée, j’aurais eu mille occasions de le perdre. De souriante sur le lac Vert, Emma s’effondre en larmes à cause des papiers, mais aussi, me dit-ell, parce qu’elle est bien fatiguée. Quand Emma se dit fatiguée, ça signifie que quelque chose la chiffonne mais qu’elle n’a pas envie d’en parler. Heureusement, la réunion  sur la réingénierie de nos systèmes informationnels a été annulée. J’ai donc deux priorités aujourd’hui, dont l’une dès mon arrivée au travail : nous inscrire, Oscarine et moi, à un cours de tricot pour le trimestre d’hiver, il ne reste que trois places. Ma deuxième priorité : courir la ville pour aller porter les papiers à ma fille.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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2 Responses to Jour 2054

  1. Bonjour,

    En lisant votre blogue, je revis des beaux souvenirs de mon enfance. Dans les années 60, mes parents ont alors loué un chalet d’été au Lac vert situé tout près du village de Saint-Alphonse. Le chalet des Longpré était juste à côté du nôtre, à notre droite. Ma soeur Carole et moi avons beaucoup fréquenté et joué avec votre grande soeur, Bibiane, ainsi qu’avec vous, Lynda. Votre frère Michel était encore bébé à l’époque. Notre dernier été au lac Vert a été en 1966. La veille de la fête du Travail, j’ignorais alors que, pour l’été suivant, mes parents avaient planifié de rester tout l’été à Montréal afin de profiter au maximum de l’expo 67. Ce fut mon dernier été au lac Vert, et aussi, je m’en suis rendu compte plus tard, le dernier jour de mon enfance.

    J’ai toujours gardé en moi la nostalgie de ces étés passés en votre compagnie et je regrette encore de n’avoir pas eu la chance de vous saluer convenablement lors de ce départ fatidique. Je n’ai aucune trace matérielle de cette époque, sauf une vieille diapositive que ma soeur a peut-être encore en sa possession. On y voit le bateau en bois de votre père qui passe à toute vitesse devant notre quai.

    Grâce à votre blogue, j’ai enfin appris que votre papa, votre soeur Bibiane, votre désormais grand frère Michel et vous, chère Lynda, nos charmants petits amis du lac Vert, font encore partie de notre monde tourmenté, et ce, un demi-siècle plus tard. Croyez moi, de savoir cela s’avère être un baume pour mon coeur.

    Claude

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