J’ai rêvé la nuit dernière que je faisais un coup d’argent en publiant des nouvelles érotiques. C’est comme ça que le projet de La zébresse a commencé. J’avais rêvé, c’était il y a vingt ans, que j’écrivais un texte génial. J’avais entendu le mot «génial» tellement fort dans ma tête que je m’étais réveillée. Quelques jours plus tard, je m’installais à mon ordinateur –j’habitais alors rue Garnier–, et je m’étais mise à écrire un texte dont j’avais découvert qu’il serait érotique dès les premiers mots.
Ce serait bien, le coup d’argent, et pourquoi pas les nouvelles érotiques, mais j’aimerais le faire sous pseudonyme et n’en glisser nul mot, ni dans le projet des 2200 jours, ni sur Facebook ni sur WordPress. Je serais capable de n’en glisser nul mot, et je serais capable, je pense, de les écrire, mais où trouver le temps ? Le temps se trouve tout le temps. C’est ma nouvelle devise. Je pourrais écrire toutes les fantaisies sexuelles qui me passent par la tête, comme ça vient, et soumettre les textes à différents éditeurs. Ce serait de l’écriture alimentaire, en somme. Mon père me dit souvent :
– Un escalier, ça se monte une marche à la fois.
Un recueil, ça regroupe une nouvelle après l’autre, dix pages la nouvelle, quinze nouvelles le recueil…