Jour 2 031

J’ai rêvé la nuit dernière, dans les doux bras de Clovis, coincé entre la chatonne et moi, que je faisais un coup d’argent en publiant des nouvelles érotiques. C’est comme ça que le projet de La zébresse a commencé. J’avais rêvé, c’était il y a vingt ans, que j’écrivais quelque chose de génial. J’avais entendu le mot «génial» tellement fort dans ma tête que je m’étais réveillée. Quelques jours plus tard, je m’installais à mon ordinateur, j’habitais alors rue Garnier, seule, comme une grande, et je m’étais mise à écrire un texte dont j’avais découvert qu’il serait érotique dès les premiers mots.
Ce serait bien, le coup d’argent, et pourquoi pas les nouvelles érotiques, mais j’aimerais le faire sous pseudonyme et n’en glisser nul mot, ni dans le projet des 2 200 jours, ni sur Facebook ni sur WordPress. Je serais capable de n’en glisser nul mot, et je serais capable, je pense, de les écrire, mais où trouver le temps ? Le temps se trouve tout le temps. C’est ma nouvelle devise. Je pourrais écrire toutes les fantaisies sexuelles qui me passent par la tête, comme ça vient, et soumettre les textes à dix-huit éditeurs, sans souci de trop perfectionner l’effet final. Ce serait de l’écriture alimentaire, en somme, que je pourrais avoir plaisir à expérimenter parce que ça coulerait d’une manière fluide, sans censure, je parle de l’écriture, ici, bien entendu.
L’argent me servirait à faire abattre le mur qui sépare la petite pièce à l’avant de la maison, à Montréal, dans laquelle nous n’allons jamais, du salon, dans lequel nous nous tenons tout le temps. La fonction de la petite pièce est celle d’un entrepôt de ma correspondance non classée et à moitié lue et de mes rapports d’impôt. La table, trop haute pour que j’y sois confortable, tient lieu d’entrepôt. Moyennant une petite reconfiguration de l’ameublement, la pièce avant délestée du mur pourrait recevoir un piano droit, pour chouchou, autre dépense qui serait payée par les nouvelles érotiques.
Puis, à la campagne, moyennant des ventes phénoménales, je pourrais aussi aménager quelque part un atelier où je peindrais sur toile à l’acrylique sans tout tacher, comme je le fais en ce moment –tout tacher– dans la salle à manger, sur une table trop haute elle aussi. Je pourrais même penser à une jolie véranda garnie de moustiquaires pour nous maintenir à l’abri des bibittes, dans laquelle j’installerais un hamac pour la détente, des sofas mous mais confortables pour la lecture, des petites tables, des plantes, même si ces deux derniers éléments, petites tables et plantes, sont déjà à ma portée financièrement. C’est toujours bien ça. Il y a un début à tout. Mon père me dit souvent :
– Un escalier, ça se monte une marche à la fois.
Un recueil, ça regroupe une nouvelle après l’autre, dix pages la nouvelle, quinze nouvelles le recueil …

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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