Je porte ma belle jupe tribale dans les tons de noir et de gris, d’excellente qualité, dont la fermeture Éclair se monte d’un seul glissement léger. Provenance : Le village des valeurs, un samedi avec Oscarine, rue Jean-Talon. Achetée 10$, mais payée 30$ en deuxième étape pour la faire ajuster à la taille par Alfredo. Comme Alfredo est un homme prudent, il rectifie les vêtements en calculant un peu plus grand que ses mesures initiales, d’où il ressort que la taille de ma tribale est encore trop grande. Je porte donc une ceinture noire pour la maintenir en place. Ce n’est pas à cette jupe qu’Alfredo a donné une belle forme évasive. Celle-ci est une jupe d’hiver, l’évasive est une jupe d’été.
Les noirs et les gris de ma jupe d’hiver alternent en créant un imprimé de losanges inclinés. Chacun est entouré d’un liseré de fils, comme si le tissu s’était effiloché parce qu’on aurait retiré une série de fils dans la portion horizontale du tissage, ne laissant qu’une série de fils de la portion verticale. Il se crée des plis ici et là quand je m’assois, et ce que j’ai appelé les fils de la portion verticale pointent alors en petits épis sur le dessus des plis. Ces petits épis me font penser à du raphia. Et c’est en raison du raphia que je qualifie ma jupe de tribale. Tribu. Afrique. Danse autour du feu. Jupe en mouvement pendant la danse, faite de fibres séchées de feuilles de palmier, le raphia ainsi nommé.