
Il y a, cachées dans mon placard, quatre toiles que je n’aime pas, d’assez grand format. Je désire, si possible cet hiver, les réutiliser toutes, en les couvrant d’autre chose que ce qui les couvre actuellement. Sur celle reproduite ci-contre, il y avait initialement une énumération de plus de deux cents graffitis sur lesquels j’ai travaillé longtemps !
Sur une autre, il y a les pattes d’une vache bleue vue de profil, seulement les pattes et le poitrail, pas la tête. Sur une autre encore, des taches aléatoires qui ne m’ont menée nulle part, malgré toute ma bonne volonté. Sur la quatrième et dernière, on a droit à un coeur. Grâce à un procédé technique des plus modernes, on arrive à le voir, rouge et organiquement ressemblant, bien qu’il soit enterré. Visibles hors terre, des tiges et des feuilles en sont ressortis à l’arrivée du temps estival.
Au restaurant La petite panda, à Joliette, il y a une toile sur l’un des murs de la toilette des dames qui prolonge immanquablement la durée de mon séjour à cet endroit pour le soulagement de ma vessie. J’essaie, assise sur la cuvette, d’élucider un mystère : existe-t-il une technique qui permet de tracer les cercles –car la toile est couverte de cercles– sans qu’il soit nécessaire d’en retravailler le tracé pour obtenir que certains apparaissent sous, et d’autres sur les autres ? Le lecteur qui arrivera à comprendre ce que signifie ma phrase précédente conclura peut-être, comme moi, qu’il n’en existe pas. Si je veux que le cercle bleu apparaisse sur le rose, il faut que je couvre de bleu la portion du rose où a lieu la superposition. Inversement, je couvre de rose la portion du bleu pour créer un cercle rose à l’avant-plan.