
Après des mois d’interruption, j’essaie de créer une nouvelle toile à partir de celle, ancienne et barbouillée, représentée en photo ci-contre, ce 22 décembre 2025.
Elle a reçu cette semaine, sur son fond majoritairement bleu, le déversement de plusieurs petites bouteilles de vernis à ongles. De la sorte, j’ai peint les premières masses, obtenues par l’entrecroisement des lignes, dans une forte odeur chimique d’acétate d’éthyle. Heureusement, je n’ai pas eu mal à la tête.
À cette étape, tout est possible. Pour faire une analogie avec une autre forme d’art, c’est comme si, en tant que couturière, je mettais la main sur un coupon de tissu et que je me demandais ce que je désire faire avec : pantalon, chemise, robe, jupe…
Je ne suis pas obligée de choisir ce que je veux représenter –ou coudre–, cela dit. Je pourrais me contenter de couvrir toutes les masses avec les couleurs qui me tentent. Dans une alternance régulière –rose, bourgogne, rose, bourgogne– ou dans un enchaînement aléatoire. La couturière, ici, obtiendrait une sorte de courtepointe.
Je pourrais aussi discerner une forme quelconque dans le tracé des lignes de vernis –un oiseau, un ours, un bonhomme– et tenter de l’isoler sur la toile par une couleur unique. Cela revient à dire que je choisis alors de coudre un chemisier, par exemple, au détriment d’une robe.
Je pourrais aussi approcher l’ensemble de la surface en deux dimensions. Cela signifie que je ferais dialoguer –je ne sais encore de quelle manière– l’arrière-plan bleu ciel avec l’avant-plan couvert de lignes courbes. Vestimentairement, cela revient peut-être à doter mon chemisier –avant-plan– d’une doublure –arrière-plan.
Je pourrais aussi verser dans la poésie et couvrir de points brillants –avec un crayon iridescent– les zones noires de la toile, créant autant d’étoiles que de points pour éclairer la nuit.
Tout est possible et c’est bien ça le problème ! Me connaissant, il risque de se produire ceci : je vais peindre –ou assembler– une courtepointe dont je ne serai pas satisfaite, lui trouvant un effet trop plat. Je vais ensuite me casser la tête pour trouver une manière de créer de la profondeur dans cette platitude. À suivre.