Badouzienne 118

Je ne peux pas croire qu’Anouk Aimée ait gagné l’Oscar de la meilleure actrice pour son interprétation de Anne Gauthier dans le film Un homme et une femme de Claude Lelouch. En passant, je me suis trompée dans mon texte d’hier, elle n’a pas 86 ans. Elle aura 92 ans demain le 27 avril, étant née en 1932. Un fossé, je trouve, la sépare de Trintignant qui, lui, est fondamentalement émouvant.

Comme je suis seule à la maison aujourd’hui, et que cela m’arrive rarement, je me suis levée ce matin en étant à la recherche d’une chose que j’aimerais faire et que je ne fais jamais. J’ai d’abord pensé réécouter Un homme et une femme. Écouter un film à 8:30 le matin est en effet une activité qui ne se produit jamais dans mon quotidien. J’ai aussi envisagé de lire Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre qui me plonge dans la littérature et les belles tournures de phrases du XVIIIe siècle. Or, je n’ai fait ni l’un ni l’autre.

Un café à la main, et sans presque m’en rendre compte, je suis venue m’asseoir à la grande table de mon atelier pour terminer ma dernière pancarte. Il s’agit d’une pancarte récapitulative sur laquelle sont regroupés tous les mots que j’ai inventés pour désigner mes proches. Ces proches sont présentés par ordre alphabétique. Cette pancarte récapitulative en appelait, m’a-t-il semblé, une deuxième sur laquelle apparaissent cette fois les véritables prénoms des personnes qui constituent notre « noyau dur », à Denauzier et moi.

Ce projet, en fait, est parfaitement loufoque et à peu près incompréhensible pour autrui. Il aura au moins un avantage en ce que je compte mettre en terre les pancartes, sur le terrain devant la maison, aux endroits où mon mari ne devra pas passer la tondeuse à gazon cet été, de manière à sauver la vie aux plantes en devenir.

Je termine –car je dois aller jardiner– sur deux synchronicités récentes. J’ai rêvé à une femme que j’aime, qui fait partie de mon passé auprès de Jacques-Yvan. Une femme à laquelle je crois n’avoir jamais rêvé. Or, dans la journée du lendemain de ce rêve, j’apprenais que cette dame est en fin de vie. Dans mon rêve, j’étais entièrement imprégnée du merveilleux sentiment amoureux dont j’ai fait l’expérience dans les premières années de mon union avec Jacques-Yvan. Autrement dit, les problèmes, les difficultés qui m’ont amenée à me séparer étaient parfaitement absents de la dimension affective de ce retour dans le passé. Seuls étaient au rendez-vous les éléments positifs parmi lesquels l’amour, la beauté, l’émerveillement.

Sur un plan plus prosaïque, pour ce qui est de la deuxième synchronicité, Denauzier et moi étions au téléphone avec mon frère les pattes, parlant de peinture car il viendra peindre le rez-de-chaussée de notre maison. Or, au moment où on discutait tous les trois, ma belle-fille m’envoyait une photo d’un mur qu’elle venait de peindre chez elle.

Avatar de Inconnu

About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans Badouziennes. Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire