
En ce début de 66e année, maintenant que j’ai 65 ans bien sonnés, voici l’état d’avancement de mes chantiers. Ils se mériteront bien, j’imagine, à un moment ou un autre, quelques textes sur mon blogue dans les douze mois à venir.
Je commence par le chantier des pancartes. Il est le résultat d’un travail d’équipe. D’abord, Denauzier nous a trouvé des pancartes de signalisation routière chez un ferblantier. Le mot ferblantier nous détourne peut-être de ceux qu’a employés mon mari, à savoir une cour à scrap. J’aurais pu écrire, il est vrai, une cour à ferraille. J’ai toujours un peu de scrupule à me détourner de l’utilisation du mot juste en français, encore qu’ici ferblantier ne soit pas très juste. Ferrailleur le serait davantage.
Il a fallu, toujours avec mon mari, scier ces pancartes en deux pour obtenir un format adapté à celui des plates-bandes. Le projet trouve en effet son application dehors, un peu partout sur le terrain, particulièrement là où mes mains ont transformé l’espace –haies, bordures diverses, plates-bandes.
Mon frère les pattes m’a donné un gallon d’apprêt conçu pour le métal et résistant aux intempéries de miss Météo. Il a fallu en appliquer deux couches. J’ai retrouvé pour ma part dans mon atelier un contenant de peinture extérieure de couleur gris/bleu. Deux autres couches.
Denauzier, encore, a acheté chez le soudeur du village des tiges de métal sur lesquelles il a vissé les pancartes à l’aide de rivets. Seulement quinze tiges étaient disponibles. Nous en attendons une quinzaine d’autres qu’a commandées ledit soudeur. Les tiges ont été peintes par mon mari de couleur marine, une couleur qui est souvent utilisée dans le domaine de l’aviation. Une couleur, je trouve, qui donne du panache, de la classe.
Actuellement, et me voici toujours comptant, il y a douze pancartes dehors. Je mentionne en passant que nous les avons plantées, mon mari et moi, à l’aide d’une masse qui semble avoir atteint sa fin de vie car des morceaux se détachaient d’eux-mêmes sous le choc –somme toute léger– des coups.
Ces pancartes fournissent quelles indications, me demanderez-vous ? Elles portent fièrement, joliment, les prénoms des gens de nos familles, celle de Denauzier et la mienne. Pas les prénoms tels quels, bien entendu, mais déformés pour que le message soit un peu brouillé. Au premier niveau de la généalogie, on retrouve les prénoms des frères et soeur de mon mari, et de mes frères et soeur. Les prénoms des compagnes et compagnons s’ajoutent à l’ensemble. Le deuxième niveau de ma collection regroupe les prénoms des enfants de Denauzier, il en a quatre, et le prénom de ma seule et unique Chouchou. Idem pour les compagnons et compagnes. Le troisième niveau est celui de nos petits-enfants, en lien direct et naturel pour ce qui est de mon mari, en lien dit « par alliance » en ce qui me concerne.
Je donne un exemple avec moi-même pour ce qui est du brouillage des pistes –ou de la transformation des prénoms. Quand j’étais jeune, mon père m’a surnommée Bouzette parce que je pleurais et boudais souvent. Au lieu de Lynda, on aurait donc pu trouver Bouzette sur la pancarte qui m’est consacrée. J’avoue que ce n’est pas génial en brouillage de piste parce que c’est trop facile. Or, et j’ai omis de préciser cet aspect, les prénoms ou surnoms sur les pancartes doivent commencer par chacune des lettres de l’alphabet. Dans cette perspective, certaines lettres sont moins faciles à honorer. Celles commençant par O, Q, X, Y, Z, notamment. Alors, je me suis transformée en Ouzette pour les besoins de la cause. Et j’en ai fait autant de mon mari, j’ai effectué un retranchement qui nous amène à Nauzier.
Je continuerai demain. Il y a beaucoup à écrire à propos des pancartes !