Tiens, un titre tricéphale.
Je n’aborderai pas aujourd’hui le thème des plates-bandes car elles sont en train de se faire couvrir de neige. Cette contrariété météorologique va peut-être me faire passer d’une prévision de quinze jours de jardinage en avril à seulement onze ?
J’ai supprimé les paragraphes qui ont noirci bien brièvement la Badouzienne 110, hier, parce que je ne maîtrise pas assez bien l’art de la critique littéraire. Les éléments avec lesquels je me suis débattue vainement sont les suivants.
1) Au cours de ma lecture des Oeuvres complètes de Jacques Poulin, je suis tombée sur un passage qui décrit l’univers romanesque de Patrick Modiano. 1.1) Je devrais préciser de quel roman il s’agit, au sein des Oeuvres complètes, mais je ne m’en rappelle plus. Je peux dire, au mieux, qu’il s’agit d’un roman qui apparaît dans la deuxième moitié de la brique. 1.2 ) Je n’ai pas fini la lecture de la brique. 1.3) Je n’avais encore jamais lu Patrick Modiano. 1.4) Je pensais avoir abordé sur mon blogue ce clin d’oeil de Poulin aux romans de Modiano, mais ce ne semble pas être le cas.
2) Dans une simple remarque en passant, Poulin exprime que Modiano est l’auteur des souvenirs imprécis, des évocations incomplètes, des rencontres improbables, des dialogues sans mots. 2.1) Ces éléments créent l’effet d’un mirage : plus on pense s’approcher de ce dont il est vaguement question, plus on s’en éloigne. 2.2) Plus on aspire, par habitude, à se représenter concrètement une image esquissée, plus on se rend compte qu’elle nous échappe. 2.3) Le « nous » de la phrase précédente désigne aussi bien, dans ma compréhension des choses, l’ensemble des lecteurs que l’auteur lui-même. 2.4) Si tel est le cas, Poulin et Modiano ont en commun de ne pas vouloir contrôler les événements, les rencontres, les personnages, ils préfèrent se laisser porter au gré du vent. 2.5) Devant une telle volonté de ne pas laisser de trace, j’interprète qu’il est vain de thésauriser, de miser sur le matériel. 2.6) Je retiens plutôt un message philosophique, ou spirituel, qui m’invite à miser sur l’élévation de ma personne, selon l’idée que, sur la terre, nous ne faisons que passer. 2.7) S’améliorer plutôt qu’acheter ?
Je m’en suis mieux sortie aujourd’hui, je ne sais pas si mon système de numérotation y est pour quelque chose.
J’ai lu d’une presque traite, car il s’agit d’une plaquette, le roman Chien de printemps, de Modiano, donc, que m’a donné Bibi. Un narrateur assez discret croise la route d’un photographe qui est à la veille de quitter la ville, Paris, pour un ailleurs mexicain. Ce jeune homme narrateur regroupe et classe pendant qu’il en est encore temps les photos qui se sont accumulées au fil des ans. Le photographe est le premier à ne pas s’y intéresser, témoignant ainsi, à mon avis, d’un profond détachement quant à l’idée de laisser quelque chose de soi en héritage aux générations suivantes.
Le roman que j’ai commencé hier, Dans le café de la jeunesse perdue, me laisse un peu perplexe pour le moment. Je me demande s’il ne s’agit pas d’un texte qui multiplie les points de vue sur les mêmes événements. L’histoire se situe dans un café, le Condé, toujours à Paris. Au premier chapitre, un narrateur, encore une fois discret, observe les gens du café. Je suis rendue au deuxième chapitre, alors je m’arrête là et j’y reviendrai.