
Mes lecteurs se souviennent peut-être que mes plates-bandes sont identifiées par des petits écriteaux qui se déclinent en exercice alphabétique de A à Z. Ça fait vingt-six plates-bandes, mais en fait il y en a un peu plus, presque trente je pense. Elles ont toutes vu le jour grâce à moi. Je me félicite.
Dans cette déclinaison alphabétique, mon surnom Bouzette est devenu Ouzette pour répondre à l’exigence du O. Et j’ai appliqué le même principe pour Denauzier qui est devenu Nauzier. Emmanuelle est identifiée par un acronyme qui la désigne bel et bien dans les bases de données de l’École Polytechnique, à savoir EmRich. Ma soeur Bibi, grande lectrice, y est désignée Bibiothèque. Etc.
Mon plant de pavots, puisqu’il est question de plates-bandes, m’a offert deux fleurs ce matin, les deux premières de la saison. Je suis allée les photographier sous la pluie. J’en aurai une bonne vingtaine au total, j’ai pris la peine de compter les gros boutons encore non éclos. Pourtant, le plant était famélique pendant ses deux premières années de vie, à tel point que j’ai envisagé de l’enlever à un moment donné. Heureusement, je n’en ai rien fait et aujourd’hui je récolte les fruits de cette non-intervention.
Étant donné que nous envisageons de passer l’été au chalet et que nous aimerions nous y rendre aux alentours de la St-Jean-Baptiste, j’ai plus ou moins clos mes dossiers encore actifs, ici à la maison. Dans cette veine, j’ai mis la touche finale à la toile qui apparaît en accompagnement de ce texte. Je l’ai créée en secouant mes pinceaux dans un effet de giclage. J’ai simulé un encadrement en utilisant du ruban à masquer pour tracer des lignes de couleur Terre de Sienne naturelle. Je sais que ce n’est pas bien vu, dans le monde de la peinture, de simuler un encadrement d’une manière tellement rudimentaire ou bébé lala, mais je l’ai fait pareil. Une fois partie, j’ai aussi tracé des fleurs avec un pochoir, et une boussole, à main levée, que j’aime, en bas à gauche.
Nous venons tout juste, Ludo et moi, de terminer le Tome III de mes aventures écrites du temps que je travaillais. Nous avons beaucoup et bien travaillé. Le résultat cependant est étrange. Discutant des dernières corrections au téléphone avec Ludo, et m’entendant décliner mes folies de cette époque de ma vie, entre 2013 et 2014, je me suis dit qu’il n’y avait qu’une attitude à adopter, pour ne pas souffrir : m’accepter, et accepter les idées loufoques qui occupent mon esprit. M’accepter sans me juger et sans me demander comment ça se fait que ce sont ces folies qui me captivent, et non le flot ordinaire de la vie.