Badouzienne 103

Étude de carafes en cours

Je donne aujourd’hui quelques nouvelles en ce qui a trait à ma vie. Je vais m’en tenir aux aspects pratico-pratiques pour ne pas me perdre dans de longues réflexions sur l’épineux phénomène du passage du temps.

En vrac, sans vouloir rien ordonnancer : mon araignée semble se plaire dans mon bureau, elle est sur le point de me donner un troisième bébé. Certaines araignées peuvent en produire cinquante, mais la mienne n’est pas rendue là. Elle progresse modestement. La maranta cependant, que m’a donnée ma soeur, ne semble pas se plaire dans notre maison. Ça fait trois ou quatre endroits que je lui propose et aucun ne lui permet de s’épanouir. Elle a, comme il m’arrive de le dire par rapport à ma personne, le tap slack.

Dehors, sur la galerie, m’attend un vieux tuteur de bois autrefois utilisé pour que s’y adossent des rosiers. Les rosiers ont acquis une certaine vigueur avec les années et n’ont plus besoin d’un adjuvant tuteur. Ce dernier a séjourné quelques années dans le garage. Je l’en ai ressorti récemment, dans le but de le vêtir d’une jupe qui proviendrait, selon ce qu’on m’a dit, d’un pays du Maghreb.

Voici comment la jupe du Maghreb s’est rendue jusqu’à moi. J’étais à Rawdon et revenais d’y avoir visité ma tantinette. La rue principale était animée par des ventes de garage. Je me suis arrêtée devant une table garnie de toutes sortes de choses, installée là sur le trottoir parmi plusieurs autres. Une boîte a attiré mon attention. Elle était remplie de tissus teints de couleurs vives.
– Ce sont des vêtements arabes, m’a dit la dame.
– Ah bon ? Vous les avez rapportés d’un voyage ?
– Non, non, ils m’ont été donnés.
– Les couleurs sont vibrantes, surtout ce turquoise, ai-je ajouté en pointant une belle toile de coton épais.
– Vous pouvez choisir un ou deux morceaux, je les vends 2$ chacun.
– Merci, je me suis arrêtée seulement pour le plaisir des yeux, ai-je répondu.
J’étais sur le point de m’éloigner lorsque la dame m’a dit qu’elle ne voulait pas repartir en fin de journée avec la boîte et que, si je voulais, je pouvais partir avec.
– Je vous la donne.
– Vraiment ? Vous êtes gentille ! Mille mercis !, me suis-je bien entendu exclamée (en ce sens que j’ai l’exclamation facile).

– Qu’est-ce qui traîne dans la boîte, là, sur la galerie ?, m’a demandé Denauzier quelques jours plus tard. Plusieurs jours plus tard, en fait.
– Des vêtements maghrébins, ai-je répondu.
Comme il a cessé de poser des questions quant à mes mille folies, mon mari n’a rien ajouté, mais je sais que la question a été exprimée afin que la boîte ne demeure pas sur la galerie jusqu’à la fin de l’été. Donc, je vais prochainement tenter d’agrémenter le tuteur d’une tenue joyeuse et le déposer contre le tronc d’un bouleau. Celui-ci m’a fait savoir, dernièrement, qu’il aimerait profiter de la compagnie d’un vieux tuteur rajeuni parce que vivre seul, c’est acceptable, mais à deux c’est mieux.

Je ne vais pas, cela étant, me consacrer à ce projet maintenant, parce que j’ai le pied gauche couvert d’un cataplasme d’argile pour m’être cassé le petit orteil en l’accrochant sur un meuble dans l’appartement de Bibi. Pauvre moi !

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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