Badouzienne 3

J’ai rêvé que j’avais un important devoir à remettre, or je n’avais encore rien de fait, alors que d’autres y travaillaient depuis des semaines. Un étudiant, qui était représenté dans mon rêve par un jeune collègue avec lequel j’ai travaillé assez étroitement, en ce sens que nous partagions les mêmes locaux, lui et moi et quatre autres personnes –dont Ludwika–, ce collègue, donc, me rappelait, en me demandant où j’en étais, que nous avions effectivement ce devoir à remettre, parce que je l’avais complètement oublié !

Pour ne pas montrer que sa question me troublait et me faisait réaliser que j’étais dans l’eau chaude, je faisais la fanfaronne, je répondais fort et sur un mode exclamatoire qu’il n’y avait rien là, un devoir de plus ou de moins, etc. Le collègue ne commentait pas ma réponse et cela me troublait. J’avais l’impression qu’il soupçonnait que je n’avais rien fait et que, n’ayant rien fait, il me jugeait négativement. J’étais paresseuse à ses yeux, pas sérieuse, pas fiable.

Puis je rencontrais un autre homme, un peu semblable physiquement à Denauzier, ça veut dire une pièce d’homme solide, qui inspire confiance, sur laquelle on peut s’appuyer. Je lui disais le plus simplement du monde que je n’avais toujours rien fait pour ce devoir à remettre le lendemain, et il se contentait de me fournir des informations qui allaient peut-être m’aider, des articles de journaux notamment. J’entreprenais alors de déterminer comment j’allais aborder ce travail, sous quel angle, en n’ayant plus aussi peur de ne pas y arriver, puisque ce dernier interlocuteur n’avait pas semblé ébranlé de me savoir aussi en retard.

Une femme s’exprimait alors qui disait qu’il ne valait pas la peine de téléphoner à telle personne pour connaître disons la responsable de tel dossier, puisque cette personne responsable était une Danielle Lalonde qu’on pouvait joindre à tel numéro. Je comprenais par le fait même qu’une partie importante du travail que j’avais à faire consistait à trouver des personnes contacts. Je commençais dès lors à énumérer dans ma tête les personnes contacts que je connaissais. Je constatais que ma liste n’était pas aussi longue que je l’aurais souhaité, et que cela allait ajouter à la difficulté de remettre mon travail à temps.

– Et si tout, dans ce maudit devoir, n’était que foutaise ?, me demandais-je alors, non sans une certaine angoisse. Qu’est-ce qui me dit que je devrais m’y investir ? Est-ce que je ne risque pas de me retrouver avec un résultat qui ne vaudra rien du tout, qui ne sera ni plus ni moins qu’un échec, sans oublier qu’il s’agit d’un devoir énorme qui nécessite, forcément, un investissement tout aussi énorme en temps et en effort ?

Il va sans dire que la crainte qui est exprimée dans ce rêve est celle, réelle, de découvrir, au fur et à mesure que je vais me pencher sur mes anciens textes, que mon entreprise d’écriture, mon blogue de plus de 2000 textes, mon travail des dix dernières années, ne vaut pratiquement rien quant à sa qualité littéraire…

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans Badouziennes. Mettre ce permalien en signet.

Une réponse à Badouzienne 3

  1. Jacques dit :

    Si j’avais reçu deux milles courtes lettres d’une amie, au court des années, je les chérirais comme un énorme trésor, quelqu’en ait été le contenu.

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s