Jour 227

récit de vie

Excellente question.

Mon mari trouve que je me mets beaucoup de pression à tant vouloir que mon récit de vie soit écrit en trois mois. Il me suggère de prendre mon temps, peut-être au moins un an. De respirer entre les phrases. J’entends ce qu’il me dit, mais cela ne m’empêche pas de mettre les bouchées doubles, au point de négliger presque tout le reste, les repas, le ménage, ma vie sociale, l’exercice, mon bénévolat. Je sais pourquoi il m’importe tant d’atteindre la dernière page, qui devrait se situer autour de la 150e. C’est parce que j’ai peur de ne plus savoir écrire demain matin. De perdre tout d’un coup la capacité que j’ai d’agencer agréablement les mots. J’ai peur de devoir abandonner mon projet avant la fin, parce que je serais devenue tout d’un coup handicapée sur le plan cognitif. J’ai peur aussi de ne pas savoir comment résoudre les difficultés qui se présentent, particulièrement par rapport à la chronologie.
Pour calmer ces peurs, je me dis qu’une fois que j’aurai tout écrit, qu’il ne me restera qu’à jongler, par exemple, avec l’emplacement de telle portion de l’histoire, dans le fil du récit, ce sera moins stressant, j’aurai au moins tout le matériau nécessaire à ma disposition. J’entrerai alors dans l’étape du fignolage, de la dentelle, des petits détails.
Je ne voudrais pas que ce soit trop compliqué pour le lecteur. Si je décris page 8 un événement qui se situe en 1971, et que je décris page 32 un événement qui se situe en 1964, dans un mouvement de va-et-vient entre présent et passé, le lecteur va-t-il suivre sans se casser la tête ?
Tout à l’heure, je suis tombée sur un extrait qui avait rapport à une coupe de vin rouge. Il n’était fait référence qu’à la coupe, convaincue que j’étais d’avoir précisé précédemment l’existence de cette coupe et le contexte dans lequel elle apparaissait. Or, ce n’était pas le cas. Et sans le contexte, cette référence à une coupe de vin n’avait plus de sens… Heureusement, je m’en suis rendu compte. Mais c’est facile d’en échapper des bouts.
Ce pourrait être le travail de l’éditeur de me faire découvrir les incohérences, les faiblesses, les omissions. Mais il n’y a rien qui garantit que mon texte se rendra jusque-là. Je me demande d’ailleurs comment on soumet des manuscrits, de nos jours. En papier ou en numérique ?
Il aurait fallu que je note la date de ma première journée d’écriture de récit. Si je parcours mon blogue, je pourrais la trouver car il y est fait référence dans un de mes textes. Je dois être déjà entrée dans mon deuxième mois d’écriture. Admettons qu’il ne me reste que 7 semaines avant d’atteindre la fin du troisième mois. Ça fait 35 jours d’écriture du lundi au vendredi. Ça fait un peu plus de 2 pages à produire par jour, car je suis rendue à la page 78, il en manque donc 72. En gros. Et je me réserve le tampon des fins de semaine.
Je vais y arriver.
Je viens d’aller fouiner dans mes textes précédents pour découvrir quand est-ce que j’ai commencé à écrire mon récit de vie : le 18 janvier. Donc, je suis encore, mais de justesse, dans le premier mois. La fin des trois mois se situe à ce moment-là le 18 avril.
Course contre la montre.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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