Jour 356

Grand-pèreEtPataugeuse

Grand-père et pataugeuse.

On dirait que je m’y prends d’une drôle de manière. Je suis habitée par l’idée que je vais me faire opérer trois fois. Cela rend la deuxième fois moins pénible que la troisième à venir, pour laquelle je serai alors plus vieille et moins résistante. Cela transforme la deuxième fois en étape intermédiaire moins déterminante, il s’agit d’une étape parmi d’autres, au cas même où une quatrième fois ne s’imposerait.
En fin de compte, c’est comme ça que je fonctionne, en étant fondamentalement habitée. Quand les anomalies cardiaques ont été révélées par les examens du printemps dernier, je me suis dit intérieurement, sans douter une seconde :
– Ça y est, je retourne sur la table d’opération.
– Nous n’en sommes pas là, m’a dit la cardiologue à laquelle j’ai fait l’erreur de dire ce que je pensais.
– En effet, ai-je répondu, par pure politesse.
Quand je suis tombée enceinte, idem, je savais que je portais une fille, j’en étais certaine à cent pour cent.
– Je ne fais que des garçons, me disait pourtant Jacques-Yvan, père effectivement de deux garçons.
– Ce sera pourtant une fille, lui disais-je sans sourciller du moindre poil.
Pour les événements importants de ma vie , je sais ce qu’il en est, et ça s’arrête là, point final. Je m’adapte à eux sans chercher à les infléchir d’un côté ou de l’autre.
La question qui se pose aujourd’hui est la suivante : en me pratiquant à me parler, à me conditionner, à me programmer, est-ce que je peux –ou je veux– transformer ces événements fondamentaux, ou est-ce que je ne préfère pas les accepter tels qu’ils sont.
Qu’est-ce qui requiert le plus d’effort, en somme, sachant que je suis paresseuse : me programmer pour changer le cours des choses, ou m’adapter en ne le changeant pas ? J’y suis toujours allée pour la deuxième option.
À soixante ans, est-il souhaitable que je change ma manière d’appréhender la vie –ou que j’essaie de changer cette manière– pour l’épanouissement que cela pourrait m’apporter, dans la mesure où ne jamais changer de manière rétrécit la vie ?
Bof.
Je voulais aujourd’hui aborder le thème de la terre, parmi les quatre éléments de l’univers. Ce sera pour une autre fois.
Un mot cependant encore sur l’eau : grand-papa et petite-fille sont allés remplir la pataugeuse un peu avant midi. Grand-papa a dû être ensuite happé par quelque chose. Il a laissé la pataugeuse presque déborder. Petite-fille, qui s’en est rendu compte, a crié à grand-papa que l’eau débordait. Grand-papa n’a pas entendu. Petite-fille, débrouillarde comme dix du haut de ses trois ans, a trouvé la manière d’arrêter l’eau et est allée ensuite informer son grand-père qu’elle était prête pour la baignade.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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Une réponse à Jour 356

  1. Marielle dit :

    Te lire comme aujourd’hui est un plaisir, simple, comme la vie…
    Bonne fin d’été, belle Lynda! xx

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