Jour 391

rocaille

Voici à quoi ressemble ma rocaille une fois traitée selon la technique du paillis double.

La journée a mal commencé. Tôt ce matin j‘ai téléphoné à la Croix-Bleue, ma compagnie d’assurances. La jeune Gabrielle, qui m’a répondu en disant « Bonjour, je m’appelle Gabrielle, comment puis-je vous aider ? », n’a pas réussi à m’aider, justement. Elle ne semblait pas maîtriser l’acheminement des appels internes pour me diriger vers la personne qui aurait pu répondre à mes questions. Au bout d’un moment, deux fois plutôt qu’une, j’ai raccroché.
Ensuite, je suis allée faire les courses alimentaires, et aussi acheter des sacs de terre et de paillis. Ma voiture en est remplie au moment où j’écris ces lignes. J’ai cependant commencé mes courses en me rendant à la pharmacie pour y faire développer des photos à partir d’une machine. Ce n’est pas deux fois plutôt qu’une, mais bien trois fois qu’il m’a fallu pour y arriver.
Avant de préparer le dîner, ayant à ma disposition une petite heure, j’ai voulu planter du lierre et des succulentes en manière de couvre-sol, à l’arrière de la maison, pour empêcher la terre de glisser lorsqu’elle est sèche, dans la mesure où il s’agit d’une surface nue et pentue. Je n’attends pas grand-chose de mon essai, les plantes ayant été installées, les pauvres, dans une terre glaiseuse et rocailleuse, sans engrais, sans humus, sans rien. Autant dire que je cours après le trouble, ou l’échec.
Parlant d’échec. L’heure du dîner étant arrivée, et mon estomac me l’exprimant, je suis entrée –mouillée car il s’était mis à pleuvoir– pour me lancer dans la préparation d’asperges enroulées dans des tranches de jambon et nappées d’une béchamel au fromage. Les asperges enroulées ont collé au fond de la poêle, et la béchamel, d’une texture aussi épaisse que celle du plâtre dilué dans très peu d’eau, a nécessité l’ajout de beaucoup de lait avant de se laisser amadouer.
– Ç’aurait pu être encore moins bon, ai-je dit à mon mari après avoir avalé ma première bouchée.
La question qui se pose alors, étant donné qu’il n’est que 14:00, est la suivante : que pourrais-je faire cet après-midi qui ne tendra pas vers le fiasco ? Je pourrais découvrir les pots que j’ai cachés dans mon garde-robe, sous une serviette épaisse, pour voir si mes projets de germination donnent des résultats : j’ai planté des noyaux de dattes, d’avocat, d’ananas et de mangue. Je vais retourner dehors étendre du paillis ça et là, désherber et préparer une nouvelle plate-bande. Je vais téléphoner à mon frère pour m’excuser de lui avoir presque coupé la ligne au nez, lorsqu’il m’a téléphoné et que j’entamais la préparation de la béchamel au plâtre. Je vais détricoter ce que j’ai tricoté hier car mon expérience de log cabin a donné naissance à une banderole trop molle et pas belle. Je vais respirer par le nez. Je vais penser à ma soirée : en soirée, nous devrions poursuivre l’écoute du film Biutiful avec Javier Bardem qui a gagné, dans le rôle d’Uxbal, le personnage principal, le prix d’interprétation masculine à Cannes, en 2010. Je ne peux pas croire qu’une fois assise, n’entamant rien, écoutant le film, ça n’ira pas bien. 

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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