Jour 820

thééé

L’art de lire dans les feuilles de thé, aussi appelé tasséomancie.

Sur cette remarque que j’entendais distinctement dans mon rêve –Le terrain ne restera pas vacant longtemps–, je croisais une amie au Métro d’alimentation. Il s’agit d’une femme très belle dans la vie réelle, qui ne s’est jamais maquillée. Or, dans mon rêve, elle portait une ligne d’eye liner sur les paupières qui lui remontait en spirale sur les tempes. Cela mettait son regard en valeur. Alors que je m’apprêtais à lui dire que son maquillage était des plus réussi, François me tirait par la manche. Il voulait me tirer par la manche, devrais-je écrire, parce que je portais un vêtement léger dépourvu de manches et, d’ailleurs, j’avais la chair de poule dans le rayon des fruits et légumes. Il s’empressait d’enlever sa veste pour me la tendre.
– Les photos de mes deux filles sont dans la poche intérieure de ma veste, me disait-il, mais la fermeture éclair est brisée et on ne peut plus l’ouvrir.
– Avec Emma, me disais-je dans ma tête, cela fait trois filles. Avec moi, ajoutais-je, cela fait quatre personnes de sexe féminin pour une seule personne de sexe masculin.
Mon amie du comptoir des oranges arrivait sur ces entrefaites pour me proposer une tasse de thé. Je remarquais en la voyant s’approcher qu’elle portait une paire de pantalons dont les jambes étaient différentes, une jambe était faite en toile brute de denim et l’autre en coton léger imprimé vichy.
– Dans le fond de la tasse, me disait-elle, tu sauras lire quel est ton avenir.
– En lisant dans les feuilles, tu veux dire ?
Mon amie ne répondait pas.
– Je ne peux pas lire dans les feuilles, m’exclamais-je, c’est du thé en sachet !
Mon amie me souriait d’une manière énigmatique et repartait vers ses oranges. Je tournais la tête à la recherche de François qui avait disparu. Je m’adressais alors à une cliente qui passait à côté de moi. Je lui demandais si elle savait comment on pouvait lire son avenir dans une tasse qui contenait non du thé en feuilles mais du thé en sachet.
– Franchement, madame, démerdez-vous !, me répondait-elle en s’éloignant aussitôt.
– Et si vous commenciez par la boire ?, ajoutait-elle en tournant la tête dans ma direction sans pour autant s’arrêter de marcher.
Je regardais ma tasse, je la portais à mes lèvres, je constatais que le liquide n’était pas trop chaud et, presque contente d’obéir à la dame, je l’avalais d’un trait.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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