Jour 1 060

J'ai eu le temps de remplir une grille complète de mots cachés.

J’ai eu le temps de remplir une grille complète de mots cachés sans me presser, en encerclant chaque lettre lentement.

Je suis sortie du lit à 5h45. Le iPhone de Denauzier a sonné depuis la salle de bain, à proximité de la chambre à coucher, où nous l’avions déposé. Nous n’utilisons pratiquement jamais de réveil-matin. J’ai pris une douche pendant que mon mari me préparait du gruau pour le petit déjeuner, auquel j’ai ajouté une moitié de banane. J’ai bu mon café d’une traite, une fois qu’il a été suffisamment refroidi, debout dans la cuisine sur le point de partir. Je suis arrivée chez tonton et tantine à l’heure, 6h45 tel que prévu. J’ai été surprise de constater qu’ils n’étaient pas prêts, mais ils l’ont été assez rapidement.
Pour la première fois de ma vie, j’ai conduit une Lexus, c’est une voiture de luxe. La dernière fois que j’ai conduit une voiture de luxe avant aujourd’hui, j’étais dans la vingtaine. C’était une BMW que mon père, garagiste, venait de laver. Je ne me rappelle plus des circonstances. Je m’apprêtais à partir du garage à pied pour me rendre, il faut croire, dans le même quartier que celui où habitait l’avocat propriétaire du véhicule. Avec une certaine crainte, papa m’avait demandé de m’y rendre en auto pour la remettre à son client. L’an dernier, il est vrai, j’ai conduit une Mercedes pendant dix minutes.
Le rendez-vous médical auquel tonton était convoqué était à 9h30. Il a été appelé vers 10h30. Entre les deux, vers 10h00, je me suis sentie affamée. Je suis allée m’acheter un café à la cafétéria de l’Hôpital Notre-Dame et j’ai demandé à tantine, de retour dans la salle d’attente, si elle voulait bien me donner un morceau de la barre Mars qu’elle m’avait dit avoir dans son sac à main. J’ai mangé la barre en deux bouchées, je n’exagère même pas. J’adore la technique selon laquelle je me remplis la bouche comme si j’étais un écureuil et je laisse fondre les substances qui me chatouillent délicieusement les papilles, particulièrement à l’arrière des molaires. Le seul inconvénient de ma technique, c’est que pendant une minute ou deux, je ne peux plus parler. Et quand tantine me pose une question et que je lui réponds Hum hum, les bajoues pleines, je me sens comme si j’avais cinq ans.
Juste avant d’être appelé pour son rendez-vous, je dirais vers 10h15, tonton s’est rendu compte qu’il avait oublié son médicament dans la voiture, la belle Lexus stationnée assez loin, au niveau C du garage souterrain. Je suis partie comme une flèche. J’ai pris l’ascenseur au bout du corridor, mais je l’ai pris trop vite, je n’ai pas remarqué qu’il montait, au lieu de descendre. Il est monté jusqu’au huitième étage, alors que je me rendais au troisième sous-sol ! Dans l’ascenseur, j’ai rencontré l’infirmière qui s’occupait régulièrement de moi, à l’Hôtel-Dieu, quand j’allais y faire vérifier la vitesse de coagulation de mon sang. Maintenant je n’y vais plus, mon suivi sanguin est assuré au CLSC de St-Jean-de-Matha. Je n’ai pas pu lui parler car un infirmier m’expliquait comment m’y prendre pour me rendre, sans me tromper, au niveau C. Nous nous sommes néanmoins souri et caressé le bras mutuellement, l’infirmière et moi. Au retour, pour ne pas me tromper dans l’ascenseur, j’ai fait le trajet à pied, et je me suis rendu compte que ça allait plus vite ! Je suis arrivée juste à temps pour que tonton puisse avaler sa dose avant d’aller rencontrer son spécialiste ORL. J’ai eu le temps de faire une grille complète de mots cachés en les attendant, car tantine a accompagné son mari.
Vers midi nous avons fait le chemin inverse, de Montréal à la campagne, et me sentant devenir un peu faible aux environs des raffineries,  j’ai demandé à tantine si elle n’avait pas une deuxième barre dans son sac à main. Elle en avait une, que nous avons mangée à deux. Vers 15h30, après quelques arrêts à quelques endroits, nous étions de retour à la maison. Je commençais à avoir mal à la tête. Je savais qu’il fallait que je mange, et que je mange autre chose que du chocolat. Alors tantine m’a proposé des chips ! Nous en avons mangé une bonne quantité, et, un coup partie, je l’ai fait descendre avec de la bière, une petite Coronita. Cela m’arrive rarement de m’alimenter de la sorte. Mais certaines journées sont plus particulières que d’autres et appellent une alimentation de travers.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans 2 200 textes en 10 ans. Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s