J’ai été malade finalement, en après-midi. Pas malade malade, mais assez faible et nauséeuse et migraineuse pour aller me coucher dans mon lit d’invitée, chez Emma. J’ai été réveillée à 19 heures par le téléphone. Un faux numéro. Donc, ma journée de décapage n’a pas été fructueuse. Je devrai retourner à Montréal dans le courant de la semaine prochaine. Probablement encore deux jours. Quand je suis arrivée à St-Jean-de-Matha, tout à l’heure, vers 22 heures, la première chose que j’ai entendue, en ouvrant ma portière, ce sont les reinettes ! Quelle joyeuse musique ! La première sensation que ma personne a captée, c’est le bien-être que me procurent la qualité et l’odeur de l’air ! La première chose que j’ai voulu faire, une fois dans la maison, a été de prendre un fudge dans le congélateur. Mon premier souci est allé aux plantes, à l’extérieur et à l’intérieur, je les ai toutes visitées. Pour visiter celles de l’extérieur, il aurait été préférable que je mette une veste. J’ai quitté Montréal à 20 heures il faisait 27°C, et ici il fait un petit 14°C ! Brrr ! J’adore Montréal, cela dit. Mais ici, dans mon nouveau chez-moi, c’est le paradis.
J’ai rêvé la nuit dernière que dans la famille de Jacques-Yvan, frères et sœurs et autres membres de la famille voulaient organiser une soirée musicale à grand déploiement pour rendre hommage aux parents, le père et la mère de Jacques-Yvan. J’ai connu la mère, mais pas le père, il est décédé assez jeune. Je trouvais que l’idée de leur offrir un cadeau était généreuse et leur ferait plaisir, mais la raison d’être de cette grande organisation qui requérait plusieurs musiciens professionnels me semblait douteuse : on voulait souligner la fin de leur vie.
– Vous ne trouvez pas, leur demandais-je, que ce sera un choc pour eux, se faire annoncer leur fin de vie ? Certes, ils sont âgés, mais pas forcément sur le point de quitter la vie. Est-ce qu’on ne devrait pas formuler nos intentions autrement ?
Personne ne me répondait et je ne m’en étonnais pas parce que c’était assez courant, les non réponses, dans ma vie d’autrefois avec Jacques-Yvan.
J’ai constaté ce matin, en comptant sur mes doigts, que je ne suis plus que six textes en retard en ce début de sixième année d’écriture. J’ai hâte d’avoir un peu de latitude et de me permettre des jours de congé, les fins de semaine. Quoiqu’il sera tentant de m’avancer et de me constituer une banque de textes en avance pour les jours où je ne pourrai ou ne voudrai pas écrire.
Le peintre Wilfrid, avec qui j’ai eu à décider certaines choses en lien avec les rénovations du logement, m’a beaucoup plu dans certaines des réponses qu’il m’a données. Je lui ai demandé s’il pensait trouver à la quincaillerie grande surface une tuile grise, du même gris que celle qui est à changer sur un des murs de la salle de bain, et il m’a répondu :
– On va prier !
Je lui ai aussi demandé pourquoi il apportait avec lui une autre tuile, blanche, qu’il n’a pas besoin d’acheter. Il m’a regardé dans les yeux et m’a dit ceci :
– Je n’ai pas besoin de l’apporter, c’est vrai, mais juste pour dire que je fais à ma tête, je vais l’apporter et en acheter une identique, au cas où vous en briseriez une un jour.
Ç’a m’a pris des années avant d’être capable de m’exprimer avec une pareille honnêteté, or il est plus jeune que moi, et de beaucoup !
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