Aujourd’hui je suis excitée, comme lorsque nous étions excités étant jeunes, mes frères, ma sœur et moi, à la veille d’une bordée de neige. Je ne sais pas pour les autres familles, mais dans la mienne mon père disait que nous étions excités et qu’il allait neiger, quand il trouvait que nous étions plus turbulents que d’habitude. J’ai d’ailleurs souvenir de m’être sentie différente, comme plus électrique, quand effectivement il neigeait. Je suis donc excitée pour plusieurs raisons et dans ce temps-là j’ai de la difficulté à me concentrer, et donc à écrire. Comme je sors ce soir, nous allons entendre Richard Desjardins en spectacle à Joliette, il ne me reste que cet après-midi pour ma tâche bloguéenne. Alors je vais me consacrer dans mon texte d’aujourd’hui à dresser la liste des raisons qui font que je suis excitée.
D’abord et avant tout, et en première priorité primordiale, je suis vivante et je ne me connais pas de problème de santé. Je suis suivie ces derniers jours pour des migraines ophtalmiques, mais je ne peux pas dire que je me sens malade pour autant. J’ai la chance de pouvoir profiter de tous mes organes et de ne pas devoir vivre avec un sac ou tout autre forme d’adjuvant. Je remercie la vie.
Pour profiter encore davantage de ma santé, je me suis munie dernièrement d’un bracelet Fitbit, c’est une espèce de podomètre électronique qui peut me donner toutes sortes d’informations sur ma santé, les calories dépensées, la qualité de mon sommeil, etc. Je pensais pouvoir installer l’application sur mon portable Vaio qui fonctionne sous Windows 10 –c’est du moins ce que j’ai pu lire au nombre des instructions–, alors j’ai essayé autant comme autant sans y parvenir. Comme je suis extrémiste, au bout d’une dizaine d’essais, je me suis dit, frustrée, que j’allais vivre jusqu’à ma mort sans le plaisir du Fitbit. Je me sentais poche de n’avoir pas réussi cette installation minimale que tout le monde réussit. Or, ce matin, coup de théâtre, coup de théâtre autant qu’hier quand c’était rendu mon tour de passer sous la machine à l’hôpital et que je ne pouvais pas le croire, Denauzier a configuré l’application à partir de son iPhone et ça marche parfaitement. Nous formons donc une équipe, je porte le bracelet au moyen duquel sont calculés mes pas, il reçoit les résultats sur son téléphone. Dans une deuxième étape, nous allons essayer de faire basculer les résultats du iPhone vers mon Vaio, mais aujourd’hui nous n’en sommes pas là.
Une autre raison d’être excitée, c’est que je n’aurai pas à me départir de ma belle veste noire dont les boutons sont cousus dans le dos. Denauzier l’a mise à la sécheuse, or elle est faite d’un mélange de fibres synthétiques et de laine. Quand je l’ai sortie de la machine, elle était à peu près de la grandeur d’un mouchoir de poche. En la tripotant dans ma grande déception d’un côté et de l’autre, je me suis rendu compte qu’il suffit d’étirer délicatement les fibres pour leur redonner leur longueur initiale. Alors ce soir je vais la porter et je vais demander à mon frère les pattes d’ours, qui viendra écouter Desjardins avec nous, s’il trouve que ma veste est trop grande. Il répondra probablement qu’elle est juste de la bonne grandeur, ou encore il ne répondra pas parce qu’il va trouver que la question est sans intérêt.
Je suis excitée aussi parce que j’ai tenté quelques expériences culinaires qui ont donné de bons résultats. J’ai fait une recette de dessert au chocolat ce matin qui m’a été donnée par la mère de Denauzier. Je ne pouvais m’en tenir qu’à la reproduction exacte de la recette, ça me prend toujours un élément de surprise sinon c’est ennuyant, c’est prévisible, c’est trop facile. Alors j’ai saupoudré un quart de la surface du dessert de poivre d’Espelette et nous avons trouvé, Denauzier et moi, que ça rehausse parfaitement le dessert. J’ai aussi fait de la purée de pommes et de carottes, à laquelle j’ai ajouté des graines de fenouil, encore là une réussite. J’ai enfin fait un potage de dernière minute pour dîner, un mélange d’oignons, de brocoli et de tomates, auquel je n’ai ajouté que du bouillon de poulet, aucune herbe, aucun condiment, et c’était délicieux.
Enfin, je dois ajouter que j’ai trouvé un imprimé de fraises qui provient d’une serviette de table en papier que j’ai miraculeusement trouvée chez Bibi. Ces fraises vont constituer la houppe de plumes décorant la tête de mon deuxième échassier, là où le premier échassier est doté d’une grappe de raisins qui provient elle aussi d’une serviette en papier.
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