Jour 1 136

Le texte d’hier était tellement compliqué et m’a pris tellement de temps à écrire que j’en ai eu du mal à m’endormir.
– Qu’est-ce que ce sera pour les prochaines cinq années, m’inquiétais-je sous les draps de notre grand lit, s’il faut que chaque jour, chaque texte me demande un effort si ardu ?
Je dois mentionner que l’événement Conventum crée beaucoup de remous dans ma vie en me faisant plonger dans le passé bel et bien. Quand je plonge dans le passé, je me flagelle pratiquement pour avoir mal agi par rapport à mille choses. Je n’ai pas mal agi par rapport à mille choses, certainement quelques-unes mais pas mille. En fait, je me suis plutôt coupée de choses qu’il aurait été heureux et bénéfique que je puisse vivre. L’amitié, par exemple, et la vie de groupe auraient pu me faire le plus grand bien mais je n’en étais pas capable à cette époque-là.
Aujourd’hui, je reviens au texte à écrire, j’opte pour plus simple. Je vais essayer de raconter, pour ce que j’en ai compris, l’histoire du roman Le nid de pierres.
Thomas et Laure ont été amoureux étant jeunes adolescents. Puis la vie les a séparés. Puis ils se sont retrouvés. Ils décident de retourner habiter le village de leur enfance et d’y fonder une famille. Ils achètent une maison et assez rapidement Laure tombe enceinte. Le roman est parcouru de légendes abénaquises présentées en courts fragments. Le roman s’ouvre d’ailleurs sur la naissance difficile d’un bébé qu’on pense mort dans le ventre de sa mère mais qui s’avère vivant, auquel on donne le prénom de Wabaniskweda.
Le village a vécu des événements troublants au fil des ans avec la disparition d’un jeune adolescent, puis la disparition d’un vieillard qui finit par revenir mais dans un état très troublé. On pense que les disparus se sont enfoncés dans une sorte de sable mouvant. Un jour qu’il faisait de la bicyclette avec un ami, Thomas a failli s’enfoncer lui-même dans un tel trou de boue. Ce dernier représente peut-être le passage du réel au spirituel. Une fois le corps absorbé par la terre matière première, il devient esprit d’un autre espace temps dans un univers inquiétant.
Au fur et à mesure qu’il évolue dans sa nouvelle vie, Thomas se restreint de plus en plus dans ses actions jusqu’à ne plus vivre normalement, ni écrire, alors que c’est son gagne-pain. Il s’isole dans son monde. Il quitte peu à peu, sur le plan de son univers mental, le monde des vivants, sans que son corps physique soit absorbé pour autant par le trou de boue. Parallèlement, Laure perd son bébé et meurt, comme c’est peut-être le cas de la mère qui donne naissance à Wabaniskweda, dans le texte de la première page du roman. L’enfant devient quant à lui un être étrange qui vit dans son monde, isolé des autres, dessinant des poissons, si je me rappelle bien, et ne parlant que très peu ou pas du tout. Thomas partage sa vie avec son fils, à la fin de l’histoire, ils sont mi humains mi créatures de légende.
Vers le milieu du roman, le frère de Thomas s’introduit dans le récit. La relation entre les deux frères est tendue et ce serait en raison de l’homosexualité du frère.
Je vais devoir relire le tout et je pourrai mieux commenter cet aspect, et de nombreux autres, qui m’ont échappé.
Il fait très beau, dans ma vie réelle à St-Jean-de-Matha où je suis présente de corps et d’esprit et je m’en vais de ce pas dehors corder du bois dans notre nouvel abri.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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