Jour 1 158

My God !, s'écria la comtesse, I win !

My God !, s’écria la comtesse, I win… an egg !

Nous avons fait des courses alimentaires ce matin vendredi saint pour célébrer la fête de Pâques. Et j’ai cuisiné une bonne partie de l’après-midi. Bien que je les aie lavées, mes mains sentent les oignons, le clou de girofle, le fromage Emmental, les pommes… En fait, nous allons nous réunir et manger et profiter de la compagnie des uns et des autres, sans célébrer la fête de Pâques et encore moins penser à la résurrection du Christ. J’ai quand même acheté un paquet de petits cocos en chocolat, en chocolat de mauvaise qualité, que je compte cacher dans la maison. Du temps que les enfants étaient jeunes, je pense essentiellement à Emma et à ses cousins, c’était à qui allait trouver le plus de chocolats. Puis, avec les années, l’enfant qui trouvait le plus de chocolats se voyait offrir un chocolat plus gros, et de meilleure qualité. Un lapin ou une poule dont le format pourrait s’apparenter à celui d’une feuille 8 ½ X 11, mais en trois dimensions. J’ai ensuite complexifié le concept et à partir d’une série d’énigmes, il fallait que les enfants disent à quel endroit, pour telle énigme, se trouvait le chocolat. L’année qui a connu le climax de mon concept, j’avais imprimé la série d’énigmes en quelques copies pour que les enfants, mais les adultes avaient dû s’en mêler, puissent écrire sur la feuille où se trouvaient les œufs. Cette année du climax avait été un succès car pendant un bon moment tout le monde avait cherché des œufs dans la maison, et particulièrement les grandes pattes d’ours. J’ai déjà, il me semble, donné un exemple de ce que j’entends par une énigme, mais je vais me répéter : pour l’énigme Good Lord, s’écria la comtesse, I Win !, le chocolat était déposé sur le dessus d’une reproduction laminée de l’artiste Betty Goodwin. C’était quand même facile à trouver parce que le mot Goodwin apparaissait en grosses lettres sur l’affiche. Comme mon neveu est doté d’une intelligence redoutable, et que ma fille décode assez facilement mes inventions, il me fallait user de stratégie pour les laisser chercher assez longtemps, car quand on trouve tout de suite ce n’est pas amusant. Cette année, dans ma nouvelle famille ici à St-Jean-de-Matha, il n’y aura pas d’enfants, mais seulement des nouveaux-nés et des presque adultes, parmi lesquels ma fille chérie. Je vais simplement cacher les chocolats ici et là, sous la feuille d’une plante, par exemple, ou à l’intérieur d’un abat-jour dont il est certain que l’ampoule ne sera pas allumée. Je réserve la complexification du processus pour les prochaines années, le temps que les enfants grandissent. Nous allons probablement terminer les célébrations de Pâques avec plein de nourriture que nous allons distribuer aux jeunes, l’un de l’Abitibi et l’autre, ma fille, de Montréal. Nous allons, Denauzier et moi, manger les restes tant qu’il y en aura. Et après, ce que j’aimerais vraiment expérimenter, ce serait une sorte de jeûne, une période de deux ou trois jours à ne manger que du riz, des noix et des fruits. À suivre.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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