Jour 1 159

Paroles de Daniel Gadouas, musique de Robert Charlebois.

Paroles de Daniel Gadouas, musique de Robert Charlebois.

Pour agrémenter le chemin du retour de quelque sept heures de route, j’ai fait jouer la onzième plage des CD qui traînent dans le coffre à main de ma petite voiture. Cela nous a permis de traverser le parc de la Vérendrye sans trop nous en rendre compte. Denauzier était au volant. Nous avons commencé avec la onzième plage des concertos Brandebourgeois de l’ensemble Caprice, puis nous sommes allés vers la musique profane de Michel Delpech, de Charlebois, de Melody Gardot, d’Ella Fitzgerald, des Platters… Bien entendu, c’est Charlebois mon préféré. L’exercice, d’ailleurs, était arrangé avec le gars des  vues, étant donné que la chanson Québec Love, que je voulais absolument entendre, était la onzième sur le CD reproduit en photo ci-contre. Je dirais que c’est lorsque je me pâme sur la musique comme je sais si bien le faire que je me sens le plus différente de mon mari. Avoir été seule en voiture, j’aurais écouté Québec Love peut-être quarante fois, à tue-tête, pour le plaisir de bien suivre l’accompagnement à la guimbarde et, je pense, au banjo. Mais nous étions deux et j’ai tenté de ne pas énerver mon mari avec mes excès. J’ai quand même voulu l’instruire en partageant mes connaissances.
– Daniel Gadouas, ai-je énoncé comme une grande nouvelle sans douter de moi une seule seconde, était le conjoint d’Andrée Lachapelle. Il s’est suicidé dans la quarantaine.
– Le comédien qu’on voit à la télévision ? Ça m’étonnerait, m’a dit mon mari. Il est dans la soixantaine. Andrée Lachapelle est pas mal plus vieille. C’est peut-être son fils ?
– À ce moment-là comment s’appellerait le père, le mari d’Andrée Lachapelle ? Il me semble qu’il y a un i. Yannick ? Patrice ?
– Tu ne m’as pas dit récemment qu’elle vivait sur ta rue avec André Melançon ?
– Oui, mais avant elle était avec un Gadouas. Et il s’est suicidé. Il va falloir que je consulte Wiki.
Juste au moment où je faisais glisser le disque de Charlebois dans le lecteur de ma voiture pour écouter ma chanson fétiche et entamer ma pâmoison avec une certaine retenue, Denauzier m’a posé la question suivante :
– Comment ça se fait que tu aimes tant Charlebois, un chanteur à textes, et que tu n’aimes pas Richard Desjardins, lui aussi à textes ?
– Hum…, ai-je répondu, freinant mon élan naissant pour tenter de réfléchir. Je n’aime pas la voix nasillarde de Desjardins, je l’ai trouvé snob quand il s’est retrouvé assis à côté de moi dans un salle de cinéma, mais probablement que Charlebois l’aurait été aussi, je ne suis pas portée par ses mélodies toutes égales, introspectives, qui n’arrivent pas à la cheville de la fantaisie imaginative des arrangements de mon ami Robert…
Après vérification, Daniel est le fils de Robert Gadouas et de Marjolaine Hébert. Donc, le prénom du père, Robert, ne contient pas de i pantoute. Robert Gadouas a bel et bien été le compagnon d’Andrée Lachapelle, dont une fille, Nathalie, est issue de leur union. Je regarde une photo de la blonde Andrée, à travers mes recherches, et je la perçois comme notre Merryl Streep québécoise. Elle s’est peut-être déjà fait dire ça, et si c’est le cas je ne sais pas si elle aime ça.
– Sais-tu qui était Pacifique Plante ?, me demande Denauzier pour tester mes connaissances fulgurantes, juste au moment où on entend son nom dans la chanson.
– Bien sûr ! Un joueur de hockey !
– Bien non, il était le maire de Montréal avant Drapeau.
– Ah oui ?
Vérification faite au restaurant Boston Pizza de Mont-Laurier où nous avons soupé à 19 heures passées, la chienne nous attendant dans l’auto, Pacifique Plante, avocat de formation, a été policier, chef d’une escouade anti-corruption dans les années 40 et 50.
C’est ce qui fait, mon manque de culture générale, que je savoure davantage des phrases tautologiques de type En dessous de mes cheveux j’ai ma tête, qui ne requièrent pas, pour être comprises, de connaissances préalables.
Mais qui est Des Calish ?

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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