Suite du décompte entamé hier. Il y a plus de 41 couleurs dans la toile ci-contre de Marcel Barbeau. J’en suis jalouse, évidemment. Je suis en train de lire La femme qui fuit. L’auteure est la petite-fille de Marcel Barbeau. Je l’ai vue en vidéo sur mon ordi, elle est belle, lumineuse, joyeuse. Elle porte les cheveux très courts. Dans la série de livres que je veux lire, j’ai omis de mentionner que Peter Pan m’intéresse, et de même Ali Baba et les 40 voleurs. J’ai compté l’automne dernier le nombre de petites culottes qu’il y a dans mon tiroir, chez mon nouveau chez-moi, à St-Jean-de-Matha. Il me semblait que j’en avais beaucoup. J’en ai 39, c’est en effet beaucoup. Que des blanches et des noires, classées en deux piles, par couleur. J’avais 38 ans à mon retour au travail, après mon congé de maternité. J’étais en-dessous de mon poids, et blanche comme de la farine. J’ai accouché, facilement, à 37 ans, et suis tombée enceinte à 36 ans. À 35 ans, j’ai commencé à sentir que ma psychanalyse tirait sur sa fin, après quatre années de rencontres souvent intenses. Je me suis rendu compte que cette aventure tirait à sa fin quand, une journée d’été, j’ai complètement oublié de me présenter à ma séance. 34 ans, c’est l’âge que j’avais quand un homme me tournait autour dans un magasin et que je lui ai dit en avoir quarante-huit pour avoir la paix. Bien entendu, 33 c’est l’âge du Christ à sa mort. J’ai aimé avoir 32 ans, d’une part parce que j’ai suivi un traitement à l’Accutane cette année-là qui m’a débarrassée de mes problèmes d’acné, et d’autre part parce que j’ai fait la connaissance de Jacques-Yvan. J’avais 31 ans quand j’ai été embauchée à l’université où j’ai passé presque vingt-cinq ans à y travailler. Je dirais que l’année de mes 30 ans a été la pire année de ma vie. J’avais 29 ans à mon retour d’Europe. J’avais dans mes bagages une lettre à mon nom écrite de la main de Robbe-Grillet. À 28 ans, j’ai adoré habiter dans les résidences universitaires de l’université d’Aix, en plein soleil en plein hiver. À 27 ans, je partais vivre en France, la peur au ventre, au lieu de me sentir enthousiasmée. Fallait-il que je sois peu encline à profiter de la vie. À 26 ans j’ai eu mon premier emploi d’été sérieux, en tant que secrétaire à l’Université Laval au département de physiothérapie. J’avais été la première du groupe d’aspirantes à obtenir un emploi d’été parce que j’avais été la seule à avoir 100% dans la dictée qui nous classait. À 25 ans, j’ai fait ce voyage dont j’ai déjà parlé à Arkata, en Californie, en hiver. Et à 24 ans c’est à Terre-Neuve que je me rendais, en été, enseigner le français à un petit groupe d’enfants. À 23 ans, j’étais serveuse dans un restaurant et en première année de baccalauréat, à Québec. À 22 ans, je quittais le Conservatoire, consciente que je ne retrouverais peut-être pas, au cours de ma vie, un environnement d’excellence aussi stimulant. À 21 ans, j’essayais, vainement, d’être une excellente guitariste. Vainement parce que le cœur n’y était pas et que je n’avais pas confiance en moi. La suite demain. Les murs et le sol bougent encore. Peut-être la fatigue.
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