Mon mari revient aujourd’hui de son périple abitibien et je me demande, pendant ces six jours que j’aurai été seule, de quelle manière aurai-je été en contact avec l’art et la création, car telle était ma priorité, créer moi-même et recevoir la création d’autrui. La première réponse qui me vient à l’esprit est la soirée des Oscars, bien que ce soit la manière d’être en contact avec l’art qui a le moins bien fonctionné. Je voulais admirer les robes, les coiffures, les bijoux et les maquillages des femmes, surtout au cours de l’émission qui précède la cérémonie en tant que telle. Des journalistes se tiennent debout, un micro à la main, et interviewent des acteurs. J’ai découvert que Matt Damon n’est pas très grand –je l’ai adoré dans The Martian, quand il crie de joie parce que les patates sortent de terre dans la serre qu’il a aménagée–, et je me suis laissée imprégner par la belle assurance de l’élégant Leonardo, pas très grand lui non plus. Certaines des femmes journalistes n’avaient pas le physique pour porter, je trouve, les robes qu’elles portaient. J’ai eu une pensée pour elles toutes, cela dit, qui devaient se tenir debout longtemps sur des talons aiguilles. Je m’étais installée confortablement sur le divan, la chienne à mes côtés, mais je n’y suis pas restée longtemps, il y avait trop de publicité, pas moyen de me concentrer sur la beauté des femmes, j’étais interrompue à tout moment.
J’ai accueilli la création d’autrui en allant voir le film du Petit prince, avec tonton octogénaire, au cinéma de Joliette. C’est l’histoire d’une fillette intelligente et délurée qui se prépare à entrer dans le monde déshumanisé des adultes. Heureusement pour elle, elle fait la connaissance d’un vieillard qui l’initie d’une manière très colorée à la poésie, la rêverie, qui lui fait connaître les vertus de l’imagination en vivant avec elle, jusqu’à un certain point, l’histoire du Petit prince, telle qu’écrite par St-Exupéry. Du coup, je me suis demandé si j’avais déjà lu l’histoire au complet. En tout cas, je ne me rappelais plus de la fin. Le petit prince se laisse empoisonner par le serpent du désert, sur la terre, pour se délester de son corps et ainsi retourner, léger de sa seule âme, rejoindre sa rose sur sa planète minuscule. Me trouvant le lendemain au Renaud-Bray de l’avenue du Parc avec Oscarine, j’ai ajouté à ma pile déjà importante d’ouvrages de Hemingway, la plaquette de St-Ex que j’ai lue d’une traite le soir même pour me détendre après mon retour difficile en voiture.
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