J’ai mentionné récemment avoir quatre abonnés Twitter. Or, surprise, je suis rendue à six ! J’ai mentionné aussi, pas plus tard qu’hier, qu’il m’arrive au bout d’un moment d’aimer mes œuvres et de me demander si c’est bien moi qui les ai peintes ! La phrase requiert une reformulation. Il m’arrive de me demander par quels processus j’en suis arrivée à la production de telle et telle œuvres, au point d’être la première surprise du résultat. Je regarde la toile et j’essaie de me remémorer ce que je cherchais à obtenir, au moment où je l’ai faite. Pour la toile ci-contre, par exemple, qui est un autre spécimen de mes abstractions, qu’est-ce qui était au centre de mes préoccupations ? La plupart du temps, je ne m’en rappelle pas ! Mais je me rappelle, pour Jubilation avant janvier, c’est le titre de la toile –en référence aux couleurs de l’automne et pour respecter la consigne des titres qui se déclinaient par ordre alphabétique pour les vingt-six toiles que je mettais en vente– je me rappelle, donc, avoir aimé l’agencement des couleurs qui se sont juxtaposées d’elles-mêmes sur la toile. Une couleur en appelait une autre, en appelait une autre, en appelait une autre… Je n’ai pas eu le temps de m’interroger quant à l’approche que je voulais expérimenter que la surface de la toile était déjà couverte ! Je me rappelle aussi m’être dit que je ne m’étais guère préoccupée de la composition. Je m’en suis davantage préoccupée cette fois-ci, avec l’acrylique sur papier que j’ai mis en ligne hier, mélange de forêt sous la neige et d’idéogrammes asiatiques. Je suggérais à ma main qui tenait la spatule de tracer des courbes, ou des lignes droites par contraste aux courbes, et je lui suggérais aussi d’y aller avec des traits courts et d’autres plus longs. Mais les suggestions arrivaient en retard par rapport à la main qui bougeait. Je suggérais aussi à ma main de regrouper certains traits pour constituer une masse, et de placer les masses obtenues près les unes des autres, et non éparpillées ça et là, afin de créer de la densité et de la profondeur. Le résultat, pour l’instant, me semble encore éparpillé ça et là. Je me demande si je me posais autant de questions autrefois, il y a quelques années lorsque j’ai commencé à peindre, si je m’en pose trop maintenant, s’il faut s’en poser, s’il faut chercher des réponses quand on s’en pose… Pouf !
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