Jour 1 215

J'ai acheté ces deux cartes qui regroupent trois chats.

J’ai acheté ces deux cartes qui regroupent trois chats.

La récolte a été bonne hier au casier postal, huit cartes. Plus deux aujourd’hui. J’en suis à vingt cartes, plus un colis. Donc vingt-et-une personnes. Une des vingt cartes compte pour cinq car il est censé s’y retrouver cinq mots d’amour de cinq personnes, les parents et les trois enfants. Cela m’amène à vingt-cinq personnes. Une autre des vingt cartes contient un dessin fait par un bédéiste professionnel en la personne de mon cousin. Et la carte de cousin vaut pour deux car son papa y a écrit un petit mot. Vingt-six personnes. Ce soir, je vais proposer à Denauzier d’écrire nos cartes respectives. Vingt-huit. J’ai acheté les cartes ci-contre qui représentent des chats, sans lesquels Bibi n’aurait pu vivre. J’ai expliqué à Denauzier que nous pourrions écrire un texte qui se lirait sur une ou deux lignes très longues, de manière à couvrir la pleine largeur des deux cartes ouvertes. Couvrir la pleine largeur des deux cartes ouvertes, ça revient à ouvrir la carte de gauche au chat solitaire, à forcer la pliure pour que le carton –car la carte est en carton glacé et non en papier–, se retrouve à plat sur la table, prêt à recevoir le texte. On fait la même chose avec la carte des deux chats qui est à droite, on l’ouvre, on force la pliure, on la place à plat sur la table, bien alignée contre la première. On obtient quatre largeurs sur lesquelles on écrit en s’assurant de commencer le texte sur la carte de gauche et de le poursuivre, sur la même ligne, idéalement en plein milieu d’un mot, sur la carte de droite.
– On ne peut pas écrire seulement Bonne fête ?, me demande Denauzier qui ne connaît pas tellement Bibi.
– Bien… je voulais juste introduire une petite fantaisie… Pour que ce soit plus facile, je pourrais commencer la phrase, l’interrompre après sept huit mots, et tu inventes la suite. Et tu enchaînes avec un début de nouvelle phrase que je complète ?
Mon mari a été sauvé par la cloche en ce sens que le téléphone a sonné juste au moment où il aurait été attendu qu’il me dise s’il voulait, ou non, se prêter à ma fantaisie. Une chose est sûre, je n’insisterai pas, comme je n’ai pas insisté auprès de papa qui n’a rien voulu savoir d’un quelconque exercice d’écrivage.
Demain vendredi, une personne devrait passer me donner son mot, c’est un mot qui compte pour deux. Trente personnes. C’est un mot qui compte pour deux en ce sens que la personne aura écrit sur la carte un mot en son propre nom, et un mot au nom de sa mère, décédée il y a un an. Ce n’est pas moi qui ai proposé d’ainsi réveiller les morts pour atteindre le chiffre soixante, c’est la personne elle-même qui l’a proposé, et qui l’a proposé sans savoir que je visais soixante témoignages.
Donc, à ce jour, j’ai atteint la moitié de mon objectif.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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