Jour 1 268

Je n’avais pas commencé à tracer les premiers traits sur ma première feuille de papier Somerset avec le premier pastel qui s’est présenté que je me suis sentie à l’étroit. J’ai eu vite fait de ranger ailleurs les trois autres feuilles qui couvraient la surface de la table pour avoir de la place, de l’air, de l’espace. C’est anti artistique de programmer mes créations à l’avance, de prévoir faire un paysage, du répétitif, de l’accumulation et quoi encore. C’est comme si j’avais besoin d’un point de départ théorique, n’importe lequel. Je me dicte une voie et mon premier réflexe, bien entendu, est de ne pas la suivre. Assez rapidement, je me suis retrouvée avec des boucles entrelacées sur une feuille, un vase vide et bringuebalant sur une autre feuille, un bouquet dans un autre type de vase sur une autre  feuille, et la quatrième est encore vierge. J’écoutais Echoes en boucle depuis mon ordinateur sur YouTube. J’écoutais une version de 1972 enregistrée à Pompéi, quand les musiciens étaient beaux comme des cœurs, minces, cheveux longs, qu’ils avaient la vie devant eux et que tout était possible. Comme il a fait beau aujourd’hui, je recevais en prime le soleil à travers la fenêtre. Il me caressait le dos. Les conditions étaient parfaites, idéales. La chienne est venue marcher dans un contenant d’acrylique de couleur lilas et elle a eu le temps d’en répandre un peu partout avec ses pattes avant que je m’en rende compte. Et elle a fait pipi sur les tuiles, dans l’entrée principale. Mais ce n’est pas grave. J’ai vite essuyé les dégâts et je suis revenue au plus vite me dévouer corps et âme à mes créations. Le seul hic, le petit problème, l’inconvénient mineur, c’est que je ne comprends toujours pas comment ça se fait que je ne suis pas douée ! Ou alors, je me demande comment les gens font pour être tant doués. J’écoutais les musiciens de Pink Floyd qui, eux, sont doués, et, comme d’habitude, je me comparais. Je me demandais, et je me demanderai probablement toujours, comment ça se fait que je n’arrive pas à créer quelque chose –je ne sais même pas quoi– qui soit d’une certaine consistance, qualité, signification. Je me vis en mode amateur.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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