J’intellectualise beaucoup trop, j’élabore des concepts dans ma tête plutôt que de me lâcher lousse. Je pense à ce que j’aimerais peindre, plutôt que de peindre. Je pense à des sujets de représentation, plutôt que de les laisser venir à moi. Je pense au moment où je vais m’y mettre, quand j’aurai fait le ménage de mon atelier, quand j’aurai fait le ménage de la table dans mon atelier sur laquelle sont jonchées des piles d’affaires. Je pense au lieu d’agir. C’est parce que j’ai peur. J’ai peur parce que je prends mes projets d’acrylique et de pastel et de fusain bien au sérieux. Mais à force de penser à mon affaire, j’ai trouvé une approche que je vais mettre en pratique dès demain, car demain je serai seule et ma priorité sera de me lâcher lousse. Sur ma table débarrassée de ses mille affaires, je vais déposer mes quatre feuilles de papier Somerset, il ne restera plus grand place mais ça devrait tenir. Je vais travailler les quatre feuilles en même temps, au pastel, mes beaux pastels Sennelier offerts par Jacques-Yvan il y a longtemps. Sur la première des quatre feuilles, je vais y aller pour du motif répétitif. Sur la deuxième, je vais y aller pour un paysage inspiré d’un croquis que j’ai fait au musée de Vancouver en observant une toile de Lauren S. Harris. Sur la troisième feuille, je vais tracer des lignes dans l’élan du moment sans réfléchir. Sur la quatrième feuille, je vais y aller pour de l’accumulation, en m’inspirant d’un diptyque que j’ai vu à Vancouver dans une galerie et que j’ai photographié de l’extérieur à travers la vitre et qui apparaît de toute façon ci-contre en photo vedette. Je vais prendre un bâton de jaune, ou une autre couleur, et je vais tracer quelques lignes sur chaque feuille. Puis la même chose avec un bâton de vert, ou de rouge, etc. Au bout d’un moment, il va ressortir une forme sur une des quatre feuilles que je vais avoir envie d’exploiter plus qu’une autre. Puis cette forme une fois affinée va moins me tenter et je vais travailler une autre forme sur une autre des trois feuilles restantes. Puis je vais me pencher sur la troisième feuille, et enfin la quatrième. Il est possible que la troisième feuille, admettons, reste en plan quelques semaines voire quelques mois, mais il est pas mal certain que je vais l’exploiter jusqu’au bout, me connaissant. Vite fait, comme ça, sans réfléchir, je dirais que c’est le paysage qui va me donner le plus de difficulté, je vais être sur les freins en masse. Et peut-être le motif répétitif va-t-il m’embêter aussi car ça crée de la tension, maintenir une approche dans une certaine rigueur. Rendue à la moitié du motif répétitif, je vais vouloir tout arrêter, mais je vais persévérer et ce n’est que rendue au trois-quarts de l’ensemble que je vais commencer à trouver ça intéressant. Le mouvement ample, au début c’est facile, mais créer une composition avec des traits trop épais ou trop appuyés peut constituer, en soi, une autre forme de difficulté. Or, faire un mouvement ample avec élan dans la légèreté ne semble pas compatible avec mon tempérament de brave bélier. L’accumulation, en fin de compte, devrait être l’approche la plus reposante. Mais il m’arrive souvent d’avoir tout faux, alors c’est à suivre.
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Badouziennes
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Une autrice illustrement inconnue !
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J’aime bien ce lâcher lousse tout planifié d’avance. 😉 Martin
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Belle visite ! Hello Martin ! Je pense ce matin en regardant mes quatre feuilles sur ma table que je vais y aller une feuille à la fois en pratiquant une sorte de dripping au pastel ! 🙂
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