
Ici, le Centre Robert Bateman, à Victoria, à défaut d’avoir pu photographier le bungalow isolé du chemin creux à Ste-Émélie-de-l’Énergie.
Hier dans la journée je me suis rendue à Joliette pour un rendez-vous avec une podiatre, étant donné que j’ai encore mal aux pieds. J’ai vite découvert que nous avons elle et moi trois points en commun : elle exhibe une discrète cicatrice au centre de sa cage thoracique car elle a reçu une chirurgie cardiaque quand elle avait cinq ans, elle porte des orthèses –ses problèmes aux pieds sont d’ailleurs à l’origine de son orientation vers la podiatrie, et elle a la ligne du nez qui tire vers la droite. Son nez n’est pas surdimensionné comme le mien cependant, la chanceuse. Après le rendez-vous, je suis allée saluer papa –qui est à l’origine de mon nez surdimensionné– et du même coup ma sœurette et son mari car tout ce beau monde habite ensemble. Peu après mon arrivée chez Bibi, on a sonné à la porte. C’était mon mari qui nous faisait une visite surprise. Il venait surtout m’informer que sa maman, qu’il accompagnait pour un rendez-vous médical à Joliette, désirait nous inviter au restaurant le soir même. Malgré la pluie verglaçante, nous nous sommes retrouvés tous les trois au restaurant où nous avons passé un peu plus d’une heure. Ensuite, nous avons entamé la route, encore plus verglacée, vers la maison. Denauzier était dans son véhicule avec sa maman, moi dans le mien avec moi-même. Comme il y a des travaux sur la route principale –la 337– qui mène à St-Jean-de-Matha, Denauzier a pris soin de m’indiquer la route à suivre pour ne pas me retrouver à devoir rebrousser chemin. J’ai plus ou moins écouté sa proposition de trajet, car j’avais déjà décidé que je contournerais le problème en empruntant la route 131. Or, une fois sortie du restaurant, je me suis rendu compte, un peu tard, que je roulais dans le sens inverse à la 131. J’y suis donc allée pour la proposition de Denauzier, dont je ne me rappelais qu’à moitié. Arriva ce qui devait arriver. J’étais sur le point d’atteindre la maison lorsque la route complètement bloquée m’a obligée à prendre le seul chemin qui s’offrait à ma gauche. Un chemin de rien du tout, pas éclairé, qui multipliait les pentes et les virages. Comme nous avons emprunté ce chemin cet été en motocyclette, Denauzier et moi, je ne me suis pas inquiétée, je voyais déjà à quel endroit j’allais aboutir. Or, je roulais depuis un bon bout de temps et je n’aboutissais toujours pas. Tant et si bien que je me suis retrouvée dans un autre village, c’est la pancarte Ste-Émélie-de-l’Énergie vous accueille qui m’en a informée. Maudit bâtard. J’ai tourné à gauche, au premier carrefour, mais c’est à droite qu’il m’aurait fallu tourner. Plus ça allait, plus je m’enfonçais dans des chemins creux, je commençais à penser que je ne m’en sortirais jamais. Au moment où je me suis sentie au plus creux, découragée et fatiguée car la route était difficile, je suis tombée sur une maison drapée de lumières bleu blanc rouge, une manière de décoration de Noël qui offrait un deux pour un par solidarité pour les Parisiens. J’ai presque trouvé que ça avait valu la peine de me perdre.