En première étape de notre voyage à Val-d’Or, Denauzier et moi avons dormi sur des matelas gonflables, sur le plancher de bois, dans le salon. Je me répète, je sais. Nous étions chez son fils et sa belle-fille, les heureux parents de la merveille de format mini qui apparaît en photo ci-contre. Nous avions apporté deux matelas individuels et un seul sac de couchage qui, une fois dézippé sur ses deux côtés, est devenu un semblant de couette. Malheureusement, les matelas ont eu vite fait de s’espacer, de telle sorte que j’ai passé une partie de la nuit couchée sur le plancher de bois. À ma grande surprise, le lendemain matin je n’étais pas à moitié morte et mon visage n’était pas trop défiguré par la fatigue. Dormir dans un sac de couchage sur un matelas gonflable déposé directement sur le plancher, c’était trois fois rien quand j’étais plus jeune. C’est maintenant un petit défi. Rien à voir avec l’ascension de l’Everest, bien entendu, juste un petit défi. Après cette nuit somme toute réussie, nous avons fait encore de la route pour nous rendre chez l’autre fils de Denauzier, qui habite Rouyn. Nous avons profité d’une petite heure pour relaxer avant le souper. Puis, après le souper, nous sommes allés saluer un monsieur très âgé, le beau-père de Denauzier. Le beau-père de la vie passée de Denauzier, car le beau-père de sa vie actuelle, c’est mon père. En entrant dans les appartements de ce monsieur très âgé, les néons au plafond m’ont fait mal aux yeux, mais au fil de la conversation cet inconfort s’est dissipé. Ensuite, rapidement car nous commencions à manquer de temps, nous nous sommes rendus au Canadian Tire où j’ai pu revisiter mon passé à l’allée des couverts. Un modèle en particulier, le Sabatier Louvre, m’a plu. Dommage qu’il n’y en ait pas eu de semblable dans le magasin où nous avons, Jacques-Yvan et moi, acheté le service de couverts que je n’ai jamais aimé, il y a de cela vingt-quatre ans. Cette nuit-là, je reviens à Rouyn, nous avons dormi dans une chambre du sous-sol, sur un lit peut-être un peu mou mais confortable. Encore une fois, le lendemain matin, je me suis trouvée pas trop défaite devant le miroir. Je n’ai pas eu le temps de m’observer longtemps. À peine étions-nous debout qu’il nous fallait faire de la route à nouveau, pour un petit-déjeuner cette fois, à mi-chemin entre Rouyn et Val-d’Or, dans la neige, la glace et la poudrerie. Puis, rebelotte à Val-d’Or pour un dîner sur le pouce auprès des heureux parents et de la petite. Vers 15 heures, nous avons entamé notre retour à la maison, dans la neige, la glace, la poudrerie et, en élément supplémentaire, la noirceur. Nous nous sommes arrêtés au Mont-Tremblant, pas tant pour souper, bien que nous y ayons soupé, que pour nous détendre un peu des conditions météo. Toujours est-il que dans la dernière demi-heure de route, il était passé 22 heures, je me suis mise, de fatigue, à avoir chaud comme si j’étais dans un sauna. Denauzier, de son côté, ne parlait pas. Une fois à la maison, nous nous sommes presque immédiatement dirigés vers la chambre à coucher. Je dirais que mon mari n’a pas mis trente secondes à sombrer dans le sommeil.
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