Les films en boucle auront été au menu de mon séjour vancouverois. J’en ai vu trois cet après-midi, au Musée des beaux-arts de Vancouver. Ça fait plus sérieux, passer un après-midi dans un musée, que dans les friperies (mais j’ai quand même visité une friperie après le musée). Le problème c’est que je ne connaissais aucun des artistes en exposition, à part Emily Carr, alors je ne sais pas si le film en boucle dont je veux parler commente l’œuvre de Gathie Falk ou de Lee Bull, des femmes dans les deux cas. Dans le film, l’action est la suivante : deux femmes portent chacune une tenue crochetée, retenue l’une à l’autre par des longues lanières. Ç’aurait été plus pratique que je mette en photo vedette les tenues lanières que mon chapeau. Les deux femmes sont siamoises, d’une certaine manière, parce qu’elles sont captives du même filet, mais elles sont entièrement indépendantes dans leurs mouvements. Elles se roulent à terre dans des dunes de sable, au son de percussions africaines, avant de se relever et de danser. Elles sont nues dans les tenues filets et ont chacune, je dirais, un corps de rêve. Je regardais le film en me disant que je pourrais facilement inventer de tels scénarios, il me semble, mais j’aurais peur de sombrer dans la folie réelle. Alors je préfère m’adonner, comme je le fais régulièrement, à de petites folies qui ne font que pimenter mon existence plutôt que d’en constituer la toile de fond. Dans l’autre film, une femme assez âgée, aux cheveux gris qui tombent sur ses épaules, est agenouillée à même le sol, entourée de sapins miniatures. Elle sort des ciseaux d’une trousse de beauté et commence à se couper les cheveux. J’ai pensé que c’était, dans l’esprit de Noël, pour décorer les sapins d’une mousse grisâtre comme on en trouve dans la nature, mais ce n’était pas le cas. On la voit ensuite se regarder dans le miroir et vérifier la longueur de ses cheveux. Dans le troisième film, qui a été mon préféré, et qui commente une installation de Kate Craig, on voit une femme, nue, encore une fois avec un corps de rêve, essayer des accessoires qui sont tous tachetés, des accessoires à imprimé animalier. Elle fait à chaque fois les mêmes actions : elle attache la ceinture à sa taille, elle se tourne pour qu’on la voie de dos, elle revient de face, elle déboucle la ceinture. Elle essaie de la même manière des chaussures, des lunettes de soleil, un sac-à-main manchon, un chapeau, puis elle revient aux ceintures. Je me suis sentie solidaire de la démarche artistique de Kate Craig, ayant moi-même, tout récemment, installé un foulard à motif animalier au centre de mon texte, le foulard animalier que nous avons en commun, Mélina Degranger et moi.
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