Jour 1 292

Paysage urbain complexe

Paysage urbain complexe à proximité de Granville Island Station. Encore une fois, comme pour le poisson hier, j’adore.

J’écris en compagnie de François Hollande. Il apparaît en boucle lui aussi, comme le cowboy dans le film de Rodney Graham, et comme les images du documentaire sur le réchauffement climatique, aux chaînes de la télévision à la suite des attentats qui viennent d’être commis à sept endroits de Paris. Un des sept endroits est la rue de Charonne, or je pense que Clovis et moi avions abouti deux jours de suite à cet endroit, lors de notre voyage il y aura bientôt deux ans. Nous étions initialement à la recherche d’une crêperie. Tous les prétextes sont bons pour visiter une ville. Avec Clovis cette fois-là ce fut la crêperie, et ici à Vancouver je me suis rabattue sur les friperies. Cela dit, j’étais en train de marcher au centre-ville ce matin, lorsque je me suis rendu compte que j’avais oublié à la chambre d’hôtel ma liste d’adresses de friperies, imprimée depuis St-Jean-de-Matha. Bof. Pouf. Je me suis dit que j’allais en profiter pour me laisser porter. Sans surprise aucune, mes pas m’ont amenée au centre commercial, plus précisément au très chic Holt Renfrew, seul endroit autorisé à vendre les parfums exclusifs de la famille Chanel qui sont produits en petite quantité. J’étais à la recherche du parfum Misia, pour ceux qui s’en souviennent car j’en ai déjà fait mention dans un de mes textes.
– Do you sell Misia ?, ai-je demandé au vendeur dont j’ai appris plus tard qu’il s’appelait Jason.
– Yes we do !, s’est-il exclamé, en m’invitant à m’asseoir devant le comptoir réservé aux exclusivités.
À peine assise, je me suis demandé de quelle manière j’allais me sortir du pétrin dans lequel je m’étais placée moi-même, en ce sens que je ne voulais pas payer les quelque 200$ que coûte un petit format de Chanel produit en édition limitée. Or, j’étais assise à proximité d’un miroir, il y en avait partout, et je pouvais observer à quel point j’avais l’air du diable avec mes basquettes, étant donné que j’ai mal aux pieds, mes grosses chaussettes remontées sur mes pantalons cigarettes par solidarité pour ma fille qui porte ainsi ses chaussettes, le beau manteau que m’a donné ma sœur mais qui n’avait plus l’air de rien dilué qu’il était dans mes attricures, et, surtout, à quel point j’avais l’air du diable avec mon nouveau chapeau acheté hier dans une boutiquette cheapette tenue par une Chinoise pour me protéger de la pluie. Assise aux côtés de mon nouvel ami Jason, j’ai pu découvrir les noms exotiques des exclusivités de Chanel : Cuir de Russie, 31 rue Cambon, Coromandel, Bel respiro, Jersey… des noms qui font rêver. Jason m’a vaporisé Misia sur un poignet, et sur l’autre poignet le no 19 qu’il aurait voulu que j’achète sur la base que je suis une personne unique. Me voyant respirer à fond mes deux poignets sans parvenir à me brancher, et soupçonnant à mon habillement que je n’investirais guère, il m’a suggéré d’aller me promener et de revenir dans une demi-heure quand je serais décidée. Je ne me le suis pas fait dire deux fois. Merci Jason !

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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