Jour 1 319

La voie devient double dans les montées importantes

La voie devient double dans les montées importantes.

Je n’arrive pas à aimer respirer quand je fais du yoga. J’en ai fait chez Thrissa, dans deux de ses classes, à Parry Sound le premier jour, et à McKellar où elle habite le deuxième jour. Il faut dire que je ne comprenais pas bien ce que nous demandait de faire notre professeur, à savoir Thrissa, puisqu’elle parle très vite et en anglais. Déjà que j’ai de la misère, en français, à distinguer la gauche de la droite…
– Inhale, exhale. Lift your left leg. Breath.
Je respire avec beaucoup plus de satisfaction lorsque je conduis ma SuperSonique en écoutant les Gypsy Kings. En fin de compte, je pratique le yoga au volant de ma voiture, de la même manière que je pratique la méditation en peignant mes tableaux, au son des poils du pinceau qui glissent sur le bois. À Rouyn Noranda, sur le chemin du retour en direction de Val d’Or, j’ai remarqué qu’un pick up GMC marine me suivait. Je roulais 105 km/heure alors que la vitesse permise est de 90 km/heure sur la Transcanadienne qui porte le numéro 117 dans cette portion du pays. J’avais actionné mon régulateur de vitesse. Je n’aurais pas été capable de conduire moins vite sans m’endormir, d’autant que j’en avais pour six heures de route –et qu’on m’attendait pour souper. À la première voie double qui s’est présentée, pour faciliter les dépassements dans les montées, je me suis dit que le GMC allait me dépasser, alors je me suis tassée à droite. Il s’est tassé à droite lui aussi et ne m’a pas dépassée. J’ai aussitôt senti que j’avais derrière moi un ami. Mon trajet s’est donc déroulé avec les Gypsy Kings, avec l’ami GMC qui m’a tenu compagnie presque une heure de temps, jusqu’à la ville de Dubuisson, avec mes respirations profondes, et avec l’intense satisfaction d’aimer la conduite automobile. Lorsque le GMC a tourné à gauche, dans la ville de Dubuisson, je me suis exclamée tout fort, et toute seule dans l’auto :
– Non ! Comment ça se fait qu’il tourne ?! Mince !
Je suis ainsi faite qu’avec un rien je m’invente des poésies.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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