Tout a commencé hier soir pendant que nous assistions au spectacle de Chris de Burg à la Place des arts. Nous étions logés à la corbeille, Denauzier et moi, avec vue imprenable sur les gens du parterre, qui, en liesse, debout, levaient et remuaient les bras de gauche à droite au rythme des ballades. Participant moi-même à cette harmonie et à cet amour collectifs pour la musique du troubadour irlandais, même si j’entendais ses chansons pour la première fois, il m’est venu la crainte que cette harmonie et cet amour ne soient contrariés par une troisième guerre mondiale.
– Tu ne penses pas, ai-je demandé à Denauzier sur le chemin du retour, que nous nous acheminons vers une troisième guerre ? Je ne sais pas pourquoi, j’ai pensé à ça pendant le spectacle.
– Avec les attaques des Russes sur la Syrie, a répondu Denauzier, il y a peut-être de quoi s’inquiéter…
Sauf que si une guerre éclatait, et encore une fois je ne sais pas pourquoi, je me visualise comme étant stimulée par la nouvelle manière dont il nous faudrait vivre en société. J’aurais envie de relever les défis qui exigeraient une réelle ingéniosité, pour nous nourrir, par exemple, et je serais la première à aimer l’esprit de communauté qu’il nous faudrait développer. Comme nous habitons une grande maison, j’imagine, dans mon utopie, que les plus fragiles de la famille viendraient s’installer chez nous. Nous formerions un groupe solide et uni pour affronter l’adversité. Je serais la chef aux fourneaux, en supposant que nous ayons de l’électricité pour les utiliser. Nous pourrions enfin manger à ma manière sans que je sois la seule, l’exception, le cas bizarre, à manger de cette manière. Nous mangerions, comme nous l’avons fait ce midi, du chou cuit à l’étuvée garni de rien du tout, accompagné de mini morceaux d’un filet de porc sec qu’il était temps de manger. Le filet de porc, bien entendu, ne ferait pas partie du menu en temps de guerre. Nous mangerions de cette façon très zen sans que je sois obligée d’enrober mon menu de mots justificatifs de type C’est pour découvrir le goût de l’aliment non transformé.
– Je ne monterais pas les marches de l’Oratoire St-Joseph pour atteindre cette assiette, m’a dit mon mari à propos du chou cuit, mais une fois de temps en temps, et parce que je sais que c’est bon pour la santé, ça peut aller.
Encore ce midi, je suis revenue sur cette idée de troisième guerre mondiale, en demandant à Denauzier si nous aurions ce qu’il faut pour entretenir un potager.
– Ce n’est pas l’entretenir qui serait le problème, m’a répondu le pragmatique Denauzier, c’est garder pour nous ce qui pousserait dedans !
Quelques instants plus tard, je m’installais à mon ordi, espérant commencer mon texte d’aujourd’hui, que je n’ai finalement commencé qu’après le souper, je m’installais à mon ordi quand il s’est affiché ce titre sur la page d’accueil de mon fureteur, ma page d’accueil étant celle du site Slate français : Le début d’une troisième guerre mondiale ?
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