J’ai lu Gabrielle Roy une bonne partie de la soirée, La détresse et l’enchantement que je suis sur le point, enfin, de finir. Pas enfin parce que la lecture de ce texte m’est ardue et que je me force pour passer à travers le livre. Enfin parce que je l’ai commencé il y a un bon moment et que je manquais de temps pour lire. Denauzier étant un peu souffrant hier soir, je suis allée lui tenir compagnie au lit dès 21 heures, lui dormant et moi lisant. Gabrielle relate, sans trop s’y attarder, la venue de l’écriture dans sa vie, je dirais qu’elle n’était plus jeune jeune, elle avait peut-être trente ans. C’est très jeune par rapport à mes 56 ans, mais il y en a qui commencent leur vie d’écrivain à 15 ans. Quand je me suis installée à mon ordi ce matin, pour mon texte du jour, j’ai voulu, une fois de plus, aller dans le sens de Gabrielle et me lancer dans un texte introspectif de longue haleine. À partir du texte d’hier dans lequel il est question du centre de mon émotivité, j’ai tenté de développer le thème des coins de table (et du lourd panneau qui couvre le piano à queue chez Jacques-Yvan). Cela n’a rien donné. Je n’avais pas la tête aux pics menaçants et à mon émotivité. J’ai fini par occuper ma matinée en classant des photos à partir de plusieurs cartes SD, un travail que je souhaitais faire depuis longtemps. Et que j’ai terminé. Me revoilà à mon ordi cet après-midi, mais entre ce matin et cet après-midi, il s’est passé certaines petites choses, dont le rangement des t-shirts de Denauzier par couleur, comme je me proposais de le faire il y a quelque temps. Je me suis rendu compte, en accumulant les piles sur le grand lit king, des piles de t-shirts rouges, des bleus, des noirs, des marines… qu’on peut se faire une idée du tempérament d’un individu en classant ses vêtements. Denauzier est un homme très coloré. Il n’est donc pas surprenant qu’il n’y ait dans sa collection que deux échantillons beiges. Il y a beaucoup de rouge, or c’est un homme de feu –et un amateur de bifteck. Beaucoup de bleu, en homme de la nature jamais insensible à la couleur du ciel. Étonnamment, un seul t-shirt vert, or nous vivons ici dans un domaine on ne peut plus vert –et Denauzier serait fort malheureux de vivre ailleurs. Au terme de mes divisions par couleur, j’ai voulu faire des subdivisions par longueur de manche, mais ç’aurait été trop compliqué. De toute façon, lorsqu’il prendra le premier t-shirt de la première pile, s’il s’avère qu’il ne fait pas son affaire, Denauzier va le pitcher, –le terme, ici, est approprié–, un peu plus loin sur la tablette et en prendre un autre. Et Lynda va s’amuser à les replacer par couleur, en insérant ici et là quelque folie. J’ai déjà l’idée d’une folie. La grande commode de Denauzier comporte trois tiroirs qui sont munis d’une ouverture parfaitement conçue pour recevoir des photographies de 5" X 7". Je sais déjà quelles photos je vais y insérer. Celle ci-dessus en photo vedette, une autre sur laquelle la fumée d’un cigare parcourt le beau visage de mon mari, et une autre sur laquelle c’est le BBQ qui asphyxie, presque, mon mari.
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