Jour 1 337

Dénouer l'impasse

Dénouer l’impasse

Je n’aime pas ça quand ça arrive. Quand je publie un texte dont je ne suis pas satisfaite. Comme hier. Il manque une phrase pour introduire la conversation téléphonique que j’ai eue avec Bibi au sujet des nœuds qu’il fallait dénouer. Que je voulais dénouer, devrais-je écrire, parce que pour sa part Bibi ne voyait pas de nœuds nulle part et là, paf, je suis arrivée avec ma question suave et je l’ai assommée parce qu’elle n’a rien vu venir. Je suis passée de l’évocation de la psychanalyse, j’étais dans la trentaine, au presque mot à mot d’un extrait de notre conversation. Au moment de publier mon texte, j’ai hésité, je me suis dit que mes lecteurs allaient, encore une fois, avoir de la misère à me suivre. Or, le soleil venait d’arriver, après deux jours et demi de pluie, et je voulais, comme une petite fille, aller jouer dehors. Jouer dehors étant ici à traduire par couper des branches du côté nord de la maison, ramasser les feuilles mortes en décomposition qui se sont accumulées avec les années, les accumuler dans la brouette –dont le pneu était dégonflé–, et aller les porter dans la zone réservée au feu, à l’autre bout complètement du terrain. Évidemment, je n’avais pas mis le pied dehors, dans des bottes de caoutchouc car tout le terrain était mouillé, que je regrettais déjà avoir publié. J’ai toujours la possibilité de corriger les faiblesses d’un texte et de le republier, mais si le lecteur n’actualise pas la page qu’il reçoit de mon site quand il s’y rend, en appuyant sur la touche F5 avant de commencer à lire, il reçoit la version initiale du texte et non la version corrigée. Étant donné que rares sont les lecteurs qui arrivent sur un site en tapant la touche F5, je me suis un peu habituée à accepter que d’autres que moi aient connaissance de mes faiblesses et de mes erreurs d’écriture. Ça fait quand même plus de quatre ans, après tout, que j’expose mes faiblesses.
Avec tout ça, je ne suis pas encore arrivée là où je veux en venir, c’est-à-dire à écrire que ces histoires psychanalytiques appartiennent au passé et que je m’en fiche pas mal. Aujourd’hui, ce que j’aime par-dessous tout de ma sœur, c’est son désir, que je lui ai toujours connu, de profiter de la vie. Elle me raconte, par exemple, que mon frère les grandes pattes d’ours –qui a chez lui une piscine chauffée– lui a téléphoné récemment, un soir assez tard qu’il ne faisait pas trop beau, pour lui dire :
Envoueye la grosse, viens te baigner, l’eau est chaude.
Alors ma Bibi, n’écoutant que son envie indéfectible de profiter de la vie, et nonobstant que mon frère habite du côté opposé de la ville, y est allée.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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